[VALIDE V3] Freya

Présentation du Seigneur des Enfers et de ses Spectres.

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Anielis
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[VALIDE V3] Freya

Messagepar Anielis » mar. oct. 30, 2007 10:14 pm

Je te suis DDG, toujours OK pour donner du taf à nos oracles...

Le spectre courait le long de la rivière. Les anges n’étaient plus loin derrière lui ; il pouvait entendre distinctement leurs cris et leurs exclamations de dépit de ne point le retrouver dans ce fatras de branchages entremêlés et de buissons épais. La nuit noire lui était aussi un avantage, mais il ne se leurrait pas ; il n’en pouvait plus. Malgré la puissance de son cosmos, il n’allait plus tarder à défaillir. Il avait tué trop des leurs pour qu’ils renoncent à le poursuivre, il avait perdu un à un tous ses compagnons et cela faisait maintenant des heures qu’il fuyait, emportant le précieux message à transmettre à son Seigneur.

Sa seule ressource était désormais la rivière.

Il se laissa happer par l’onde, espérant être assez silencieux pour que ses ennemis ne le remarquent pas. Son armure le gênait par son poids, mais jamais il ne consentirait à la laisser en arrière, aux mains de ses ennemis !

Le courant l’emporta bien plus vite qu’il ne l’aurait cru, assez vite en tout cas pour que, très vite, les cris de ses adversaires s’estompent. C’était désormais lui, l’ennemi ! Dans un dernier effort, il parvint à attraper la racine d’un arbre jaillissant de la berge. Il s’y accrocha, désespérément. Il ne pouvait mourir ainsi, sans achever sa mission !

C’est alors qu’une voix légère et très douce s’éleva dans la nuit noire :


« Prenez ma main, guerrier… »

Levant les yeux, il aperçut, tranchant dans l’obscurité par sa pâleur, un visage amical et féminin, éclairé de deux yeux verts limpides. Une main s’avança vers ses bras qui s’accrochaient avec fureur à l’arbre. Le spectre la saisit sans hésiter ; il s’étonna cependant que son poids doublé de celui de son armure ne fasse pas basculer en avant la jeune fille. Elle tira de toutes ses forces pour le faire sortir de l’eau. Il s’effondra sur la berge, essoufflé, crachant de l’eau, et eut besoin de plusieurs secondes avant de retrouver sa respiration. Alors seulement il regarda celle à qui il devait la vie.

C’était une jeune fille de guère plus de dix-huit ans. Ses cheveux blonds n’étaient pas peignés très soigneusement et ses vêtements respiraient la pauvreté. Elle rougit sous son regard inquisiteur.

« Venez vous reposer chez mes parents, guerrier, dit-elle doucement, avec une certaine réserve. Vous aurez un repas et une couche pour la nuit. »

La mission du spectre était urgente et il lui tardait de l’achever, surtout après les pertes qu’elle avait entraînées, mais, alors qu’il essayait péniblement de se relever, il comprit qu’il ne ferait pas plus de route ce soir-là. Il en était bien incapable. Les yeux affolés de la jeune fille se posèrent sur son torse ; l’armure ne pouvait cacher un filet de sang qui avait imbibé toute sa chemise de dessous.

Elle se précipita sur lui quand elle le vit s’effondrer à nouveau. Rapidement, elle chercha la plaie et la trouva. Une large blessure avait entaillé le ventre. Elle lui saisit la main et la plaça de façon à enrayer l’hémorragie.

« Gardez votre main là, dit-elle impérieusement, et ne la bougez pas ! Je vais vous emmener chez mes parents. »

Elle le traîna ainsi à travers la forêt. Elle semblait la connaître parfaitement. Son pas était sûr quoique rapide et ils arrivèrent bientôt à l’orée du bois. Les silhouettes massives de grossières bâtisses s’y tapissaient, groupées en demi-cercle. Quelques lumières indiquaient qu’on y veillait encore. La jeune fille emmena le spectre vers l’une d’elle. Elle en poussa la porte et ils entrèrent.

Levant la tête, le spectre vit, amassée autour du foyer central, une douzaine de personnes de tout âge qui, toutes, tournèrent la tête vers eux. Un homme se leva, âgé d’une quarantaine d’années.

« Par tous les dieux, Freya ! Que nous ramènes-tu là ? Et à cette heure ! »

La jeune fille ne répondit pas. Elle amena le spectre jusqu’à une paillasse, dans un coin de la pièce, et l’y allongea le plus délicatement possible. Elle se hâta ensuite de lui ôter son armure et inspecta la plaie.

L’homme vint se placer derrière elle.

« Quel est cet étranger ?

- Il était en train de se noyer dans la rivière, mon oncle. Aurais-je dû l’y laisser ? »

Rapidement et avec habileté, Freya nettoya la blessure. Puis elle fouilla dans des boîtes situées sur une étagère, dont elle sortit une petite aiguille et du fil. Sous le regard ahuri du spectre, elle passa le fil dans l’aiguille et approcha celle-ci de la plaie. Il lui saisit la main – geste qui lui arracha un gémissement de douleur.

« Non, ce n’est pas la peine… »

Elle posa un regard franc sur lui.

« Voulez-vous mourir ? »

Stupéfait de sa sincérité, il ne trouva rien à dire. Elle saisit un chiffon et le lui présenta.

« Mordez là-dedans, ça vous aidera à supporter la douleur. »

Il obéit machinalement et serra en effet violemment les dents dans le tissu lorsqu’il sentit l’aiguille pénétrer sa chair martyrisée. Puis un voile couvrit ses yeux et il sombra dans l’inconscience.

_______________________________________________________________________

Quelques jours passèrent. Le spectre retrouva suffisamment de forces pour juger pouvoir reprendre sa route. Le temps filait et il ne pouvait en perdre davantage. Il remercia donc ses hôtes de leur accueil.

« Certes, répondit le chef de la famille, l’oncle de la jeune Freya, je crois que notre maisonnée vous a été d’un grand secours… »

Ses yeux trahissaient un certain embarras.

« Cependant, vous avez dû vous en rendre compte, nous ne sommes pas les maîtres ici… Et nos dits maîtres verront peut-être d’un mauvais œil ce que nous avons fait… Nous pourrions en subir les conséquences… »

Le spectre avait en effet compris, au cours de ces quelques jours, que les paysans de cette petite communauté n’étaient que des esclaves exploitant des terres qui ne leur appartenaient pas. Il ne se démonta donc pas en entendant ces mots. Il ne voulait que partir sans perdre de temps. Il sortit d’une poche de sa chemise une pièce d’or.

« Ceci devrait suffire, je pense, à pallier aux inconvénients que j’aurais pu vous causer » dit-il en la lançant à l’homme et en tournant tout aussitôt les talons.

L’homme regarda la pièce tomber à ses pieds avec un regard incrédule. Elle brillait comme le soleil ! Il s’agenouilla pour la saisir avec délicatesse et la retourner entre ses doigts. Puis la peur imprégna ses traits.

« Messire ! s’écria-t-il en courant après le spectre. Ne partez pas, je vous en prie ! »

Le guerrier se retourna, agacé.

« Eh bien, que voulez-vous encore ? N’est-ce pas là bien assez ?

- Trop, messire, bien trop ! Je ne saurais accepter une telle somme !

- Je n’ai pas moins. Alors, gardez cette pièce et laissez-moi partir. »

L’esclave regarda autour de lui d’un air impuissant. Ses yeux s’arrêtèrent alors sur Freya, qui n’avait pas bougé, et une étincelle rusée s’y alluma. Il se précipita vers elle et la saisit par le bras pour l’entraîner vers le spectre.

« Prenez-là et nous serons quitte ! » s’exclama-t-il.

Le spectre regarda la scène d’un air incrédule.

« Mais… que voulez-vous que je fasse d’elle ?

- Ce que vous voulez, messire ! s’écria joyeusement l’homme. Elle est très douée pour beaucoup de choses. Les plantes et la forêt n’ont pas de secrets pour elle… Et vous avez vu comme elle s’y connaît en soins ! Prenez-là, messire ! »

Le spectre regarda les membres de la famille, tous assemblés devant la maison. La jeune fille était tout de même leur parente ; n’allaient-ils pas réagir ? Ce ne fut pas le cas. Ils regardaient la scène d’un air indifférent. Il crut même percevoir dans les yeux de certaines personnes une étincelle de joie mauvaise.

Il baissa les yeux sur ladite Freya. Son visage, fermé, était baissé vers le sol. A bien y réfléchir, il songea que, durant ces quelques jours, qu’elle avait presque complètement passés à son chevet, elle n’avait parlé à personne dans cette maison… Allait-il l’abandonner ici, sans tenir compte des propos imbéciles de cet homme, son oncle ? Car c’était visiblement là pure folie ! Et pourtant…

Furieux contre lui-même de sa faiblesse, le spectre dit :

« Amenez-moi ses affaires. »

Un large sourire se dessina sur le visage de l’homme.

« Medhys ! Dépêche-toi ! » s’exclama-t-il en se tournant vers une jeune fille. Celle-ci se précipita à l’intérieur de la maison, pour en revenir quelques minutes plus tard avec un maigre baluchon qu’elle jeta à Freya. Celle-ci l’attrapa et baissa à nouveau la tête.

« Allons-y » dit le spectre d’un ton un peu rude.

Il tourna les talons. Elle le suivit.

_______________________________________________________________________

De longues heures de marche suivirent. Freya suivait sans mal le spectre qui, il est vrai, n’allait pas aussi vite qu’il l’aurait voulu à cause de la douleur qu’il ressentait encore au ventre. Ils traversèrent la forêt, prenant la direction inverse de l’endroit où il avait affronté les anges la nuit passée.

Longtemps après que la nuit soit tombée, ils s’arrêtèrent dans une clairière. Le repos fut bienvenue pour le spectre. Sa blessure le faisait beaucoup souffrir.

Freya s’agenouilla auprès de lui.

« Montrez-moi cela » dit-elle simplement.

Elle l’aida à ôter l’armure et la chemise, puis ôta délicatement les bandages afin d’observer la plaie.

« Ca tient encore, expliqua-t-elle, mais je ne sais pas si ça continuera au rythme de la marche. Vous devriez vous arrêter et vous reposer… »

Le spectre allait l’interrompre pour lui expliquer que ce n’était pas possible, mais elle poursuivit :

« Mais cela est exclu, n’est-ce pas ? Le temps presse pour vous. »

Elle regarda dans son baluchon, soupira, puis se leva.

« J’arrive tout de suite. Ne bougez pas surtout. »

Elle disparut à travers les ombres.

_______________________________________________________________________

Le spectre attendit, adossé à un arbre, pendant longtemps. Il ne savait même pas pourquoi il obéissait ainsi à cette enfant. Peut-être était-ce parce que, en effet, sa blessure le faisait violemment souffrir… Jamais il n’avait été ainsi touché. Il regarda la plaie avec une moue. La cicatrice ne serait guère belle… Il fallait espérer que cette Freya fut vraiment douée, ainsi que l’avait dit son oncle…

Mais le temps passait… Elle ne revenait pas. L’inquiétude commença à le gagner, non pour lui, mais pour elle. N’était-ce pas son rôle que de protéger les faibles ? Et voilà qu’il s’était mis dans la situation inverse ! Il se leva en s’appuyant contre l’arbre, essayant d’oublier la douleur lancinante, et prit d’un pas décidé la direction qu’elle avait suivie.

Il ne tarda pas à la retrouver, quoiqu’elle se fut enfoncée assez profondément dans la forêt. C’est la présence d’un cosmos qui le guida. Petit certes, mais suffisant pour qu’il put le percevoir. Cela l’intrigua et il suivit cette piste, s’arrêtant cependant plusieurs fois, quelques secondes, pour reprendre son souffle.

Jamais il n’oublierait la scène qu’il vit lorsqu’il la retrouva.

C’était elle, ce cosmos. Il n’en doutait plus maintenant. Elle était agenouillée auprès de deux corps étendus dans l’herbe. En s’approchant, il reconnut deux jeunes hommes qu’il avait vu dans la maison qu’ils avaient quittée le matin même. Ceux-là mêmes qui l’avaient regardée avec méchanceté…

Elle leva la tête vers lui lorsqu’il ne fut plus qu’à quelques pas. Ses yeux verts étaient remplis de larmes. Du sang coulait de sa tempe et il remarqua également que ses tristes vêtements étaient déchirés.

« Pardonnez-moi, murmura-t-elle. Je sais que ce n’est pas bien… ce que j’ai fait… »

Eberlué, le spectre regarda autour de lui, cherchant une autre raison à cette scène incroyable. Cependant, il savait au fond de lui que c’était elle qui les avait tués. Son cosmos lui était à présent clairement visible.

Il se pencha vers elle pour la saisir par les épaules et la relever.

« Viens, petite, dit-il doucement. Il faut que nous parlions. Et n’oublie pas ma blessure » ajouta-t-il, sachant que cette dernière remarque la ferait revenir à la réalité.

Ils revinrent à leur campement de fortune, où Freya se hâta d’appliquer sur la plaie du spectre des herbes qu’elle venait de ramasser dans la forêt et qu’elle écrasa en une sorte de cataplasme. Le spectre la regardait faire tout en s’étonnant des tours que pouvait jouer le destin.

« Explique-moi maintenant, dit-il. Pourquoi t’es-tu faite agresser par ces garçons ? »

La jeune fille pâlit.

« Je n’ai pas très envie d’en parler.

- Il le faut, dit-il, gentiment mais fermement. Parle, Freya. »

Elle déglutit péniblement.

« Ils ne m’aiment pas, là-bas. Ils ne m’aiment pas du tout. Cela faisait longtemps qu’ils cherchaient à se débarrasser de moi. »

Et elle raconta. Il fallut que le spectre lui arrache les mots, parfois, mais, peu à peu, le flux se fit ininterrompu. Elle avait beaucoup à dire, cette jeune fille.

Sa vie était une erreur de la nature. Elle était née d’une mère célibataire, une guérisseuse exceptionnelle douée du don de double vue. Cette femme n’avait jamais été acceptée dans la communauté, ses talents étant considérés comme une offense aux dieux. Elle éleva sa fille unique dans la réclusion, au milieu des bois, sans contact aucun avec les hommes. Cependant, comme pour confirmer les dires des habitants de la communauté qui la disait maudite, elle mourut très jeune et, comble de l’ironie, d’une maladie qu’elle ne sut pas enrayer. Elle laissait Freya seule. Ce n’était qu’une enfant de onze ans, mais elle lui avait tout appris.

Elle fut recueillie par son oncle, qui ne pouvait décemment pas laisser vivre dans les bois, comme une sauvage, une parente sans avoir à supporter les railleries de ses voisins. Il l’installa chez lui et s’employa à la domestiquer. L’enfant était farouche ; elle ne se lia pas aux membres de cette famille qui, d’ailleurs, se méfiaient d’elle. Elle s’acquittait des tâches qu’on lui confiait pendant la journée, mais tous savaient que ses nuits lui appartenaient et que c’est dans la forêt qu’elle les passait. Une réputation sulfureuse de sorcière s’installa et, alors qu’elle grandissait et embellissait, les hommes de la communauté songèrent à la mâter par la force. C’est un de ses cousins qui s’y décida le premier. Une nuit, alors qu’elle s’apprêtait à rejoindre les bois, il l’attendit à la lisière et tenta de la posséder.

Il n’y survécut pas.

Depuis, elle n’avait jamais plus été inquiétée. Il était clair cependant que, si quelqu’un au village avait pu se débarrasser d’elle à tout jamais, il l’aurait fait sans hésiter, mais il la craignait trop pour en arriver à ses extrémités.

« A deux, ils croyaient pouvoir se venger avant que je ne disparaisse de leur vie » acheva-t-elle en regardant le spectre. Ses yeux verts brillaient de haine. « Les hommes sont des monstres. »

Le spectre esquissa un triste sourire.

« Beaucoup le sont… mais, grâce en soit rendu à Hadès, pas tous. »

Freya haussa les épaules. Le spectre la regarda avec douceur. Oui, le destin faisait bien les choses…

_______________________________________________________________________

Ils marchèrent plusieurs jours. Le spectre expliqua à Freya qu’ils allaient au Nekyomanteion.

« Peu m’importe la destination, dit-elle, résignée. Je vous suivrai partout, je suis à vous désormais. »

Le spectre eut l’air perplexe, mais n’objecta rien à cette remarque.

La route était fatigante. Il menait une bonne allure, en dépit de sa blessure qui menaçait de se rouvrir et que Freya inspectait chaque soir. Il savait qu’il avait perdu beaucoup de temps et que cela mettait en danger des intérêts majeurs. La jeune fille le suivait sans se plaindre et docilement. Elle s’occupait de trouver de la nourriture à chaque étape et choisissait même, en général, le lieu de celle-ci.

Jusqu’au soir où il sentit la présence de l’ennemi.

Il n’aurait jamais cru qu’ils auraient réussi à le suivre jusqu’ici. Ils n’étaient plus bien loin de leur objectif, un jour de marche tout au plus. Pourtant, il ne pouvait se tromper. Des cosmos hostiles le pistaient…

Ils pressèrent le pas, Freya obéissant à son injonction sans poser de questions. Ils forcèrent l’allure autant qu’ils le purent, mais ce fut en vain. Ses adversaires gagnaient du terrain sur eux et il n’y pouvait rien !

Il comprit alors qu’il était inutile de poursuivre davantage. Il s’arrêta net et se tourna vers Freya.

« Sauve-toi et, surtout, surtout, ne te montre pas ! »

Il aurait voulu lui dire de ne pas user de son cosmos et de le cacher à leurs assaillants, mais elle n’aurait pas même su de quoi il parlait… Il se contenta donc de la pousser dans les buissons. Elle tenta de protester, mais il la rabroua brutalement et lui tourna le dos. Il se laissa ensuite tomber à genoux et fit exploser son cosmos de toute la puissance dont il fut capable. Peut-être, ainsi…

Des silhouettes apparurent entre les arbres quelques secondes plus tard.

« Tu abandonnes, spectre ? Tu fais bien ! s’exclama l’un d’eux. Donne-nous ce que tu portes sur toi !

- Jamais, murmura-t-il, sentant déjà ses forces décliner. Je mourais plutôt.

- Eh bien, meurs ! s’écria un autre de leurs adversaires en se précipitant vers lui.

- Non ! » s’écria une voix féminine, désespérée.

Le spectre, accablé, vit surgir des buissons la silhouette gracile de Freya qui, en un éclair, vint se placer devant lui. Leurs adversaires, étonnés, se figèrent quelques secondes.

« Idiote » murmura-t-il.

Il vit qu’elle tremblait.

« Peut-être, dit-elle d’une voix apeurée, mais je veux défendre le seul homme bon que j’ai trouvé. »

Un rire moqueur s’éleva chez leurs adversaires.

« C’est pathétique, s’exclama-t-il. Voilà que les spectres ont besoin de jeunes filles pour les protéger ! Mourez tous les deux, ensemble, puisque vous y tenez tant ! »



J’ai vécu longtemps seule.

Les hommes n’ont longtemps été à mes yeux que des monstres, avides, jaloux, cruels, mesquins… Je n’ai pas vu la lumière chez eux. L’étincelle de joie que m’avait laissée ma mère a failli s’éteindre à leur contact.

Je sais qu’elle n’était plus qu’une braise mourante lorsque j’ai connu le Spectre.

Je sais aussi qu’il n’a fallu que quelques jours pour qu’elle devienne une flamme.

Je sais enfin qu’elle peut devenir brasier.

Cette flamme s’appelle Hadès et est désormais mon espoir et mon seul guide dans un monde qui n’est que ténèbres.




Freya et le Spectre reçurent de plein fouet l’assaut de leurs adversaires. Ils l’encaissèrent avec une force désespérée et ne songèrent plus qu’à défendre chèrement leur peau.

C’est alors que l’explosion soudaine de cosmos en colère éclata dans la forêt.

Les Spectres de Sa Majesté Hadès, furieux de cette intrusion aux portes de leur territoire et de cette lâche attaque sur un des leurs, firent irruption dans la clairière.

La bataille dura longtemps, mais aux premières lueurs de l’aube, elle s’achevait.

Freya chercha des yeux le spectre parmi tous les corps étendus sur le sol et les hommes en armures noires encore debout. Certains l’avaient remarquée et la regardaient avec étonnement, mais elle ne désirait en voir qu’un.

Enfin, son regard affolé tomba sur lui.

Elle se précipita et s’agenouilla à ses côtés. Il la regarda avec un sourire crispé et dégagea sa main ensanglantée qui couvrait son ventre.

« Je crois que cela demandera plus de travail, ma petite Freya.

- Dépêchons-nous de t’emmener, dit un autre spectre en s’approchant d’eux.

- Et elle ? » demanda un autre en la désignant.

Cette fois, tous les regards se tournèrent vers elle.

« Elle s’est battue comme une lionne, dit l’un d’eux.

- Aucune technique, dit un autre, mais une sacrée volonté.

- C’est l’une des nôtres, n’est-ce pas ? »

Freya, abasourdie de ces paroles, regarda autour d’elle. Instinctivement, elle s’était mise en défense, mais les hommes qui l’entouraient n’avaient nullement l’air hostile. Leurs visages amicaux, quoique déformés pour certains par de vilaines cicatrices, ne lui inspirèrent aucune peur. Elle se regarda elle-même. Du sang coulait le long de multiples plaies aux bras et au tronc. Elle ne comprenait pas elle-même comment elle avait pu survivre.

Une main se posa sur son épaule. C’était lui.

« Ta nouvelle famille, Freya. Celle d’Hadès, le dieu qui ramènera la Lumière sur cette terre. »

Freya sourit. Pour la première fois depuis longtemps, elle sentit qu’une flamme se rallumait en elle.
Dernière modification par Anielis le mer. oct. 31, 2007 9:59 pm, modifié 2 fois.
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Nikiolas
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Messagepar Nikiolas » mar. oct. 30, 2007 10:21 pm

Avant de le lire, tu peux entrer en contact avec Maya please ? Parce qu'elle a un perso avec le nom à 1 lettre pret, et au cas où elle veuille faire un BG avec il faudrait que soit l'une soit l'autre de vous deux change de nom pour éviter les redit ou les modification au dernier moment comme cela avait été le cas avec Ez3kiel :wink:
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Anielis
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Messagepar Anielis » mar. oct. 30, 2007 10:30 pm

Maya et Freya, ça fait quand même une différence de trois lettres... Tu crois que c'est vraiment gênant ?

Sinon, j'ai déjà fini... :wink:
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Nikiolas
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Messagepar Nikiolas » mar. oct. 30, 2007 10:51 pm

Je parlais de son perso nommé Freija et donc elle avait poster un BG ici meme sans pour autant l'avoir continué :wink:
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Messagepar Nikiolas » mar. oct. 30, 2007 10:53 pm

Sinon j'ai lu et cela me semble très bon ... perso je ne vois pas grand chose à redire dessus donc j'attends le 2e avis de Astesh :wink:
Astaesh-old
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Messagepar Astaesh-old » mer. oct. 31, 2007 7:08 pm

j'adore ! tres bon ! :D

pour le prenom , freya et Freija c'est pas tout à fait pareil quand meme...
tu connais le chemin je crois? a tout de suite sur le forum privé :wink:
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