[Validée] Phèdre

Présentation du Roi de l'Olympe et de ses Anges.

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Phèdre
Élève
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[Validée] Phèdre

Messagepar Phèdre » mar. janv. 17, 2006 7:55 pm

Lorsque l’on me demande comment je me nomme, j’ai pris l’habitude de répondre Phèdre. Oui, ici, en Grèce, Phèdre est mon nom, l’identité que l’on a voulu me forcer à porter. Rares sont les personnes qui connaissent mon véritable nom, mais en celles-ci, j’ai une confiance absolue, je leur confierais ma vie sans jamais douter.

Je ne suis pas grecque, je ne suis pas née non plus dans un pays bordé par cette mer que l’on nomme Méditerranée. Je ne sais pas exactement d’où je viens, mais mon peuple est souvent qualifié de barbare, et la simple évocation de ses fiers guerriers fait frémir les hommes les plus aguerris.

De mon passé, je ne garde qu’un seul bien matériel, un médaillon représentant trois demi-cercles pris les uns dans les autres. Ce médaillon, j’ai bien de la chance de pouvoir encore le porter, mais j’ai surtout réussi à le cacher quand cela fut nécessaire.

Voilà la triste histoire d’une ange guerrière.

Je n’ai jamais connu ma mère. Elle est morte en me mettant au monde. Mon père ne m’en a jamais attribué la faute et m’a élevé en m’inculquant les codes d’honneur, de courage et de bravoure fiers à mon peuple. Destinée à prendre sa suite à la tête de notre clan, je fus la seule jeune fille à subir l’entrainement que tout jeune homme devait suivre pour devenir guerrier.

De par ma position sociale, mais aussi de par le fait que je passais mon temps libre à développer mes capacités physiques, je n’avais guère d’amis. Si ce n’est une enfant à peine moins âgée que moi. Frêle et chétive, elle ne manquait pas de charme et tous les garçons du village rêvaient de pouvoir la séduire. Elle ne se mêlait jamais aux groupes de jeunes gens, préférant marcher dans le silence des valons environnant.

Souvent, lors de mes courses à pieds, je la voyais se promener dans les vertes collines. J’étais habituée à courir par tous les temps, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, les intempéries ne me dérangeaient pas, ma condition physique me permettait de résister aux rhumes hivernaux. Mais la frêle Youna avait une santé de fer… Elle connaissait les secrets des plantes, les cueillait, les traitait et les utilisait sur elle, mais aussi et surtout sur le clan. Fille et petite fille de guérisseuses, elle était de plus en plus souvent amenée à soigner les guerriers blessés mais aussi les légers maux des villageois.

Heureux temps pendant lesquels l’insouciance de la jeunesse nous gardait…

J’avais à peine quatorze ans quand mon destin bascula en ce jour d’automne. Je me souviens de m’être levée très tôt, et d’être partie courir, comme à mon habitude, à travers les collines brumeuses. L’aube se levait à peine, mais déjà, on distinguait les premiers rayons du pâle soleil se teintant de rose. L’un des moments que je préférais dans la journée, tout était calme et silencieux, inspirant la sérénité à qui avait le courage d’être levé.

Youna était debout elle aussi. Ce jour-là, nous devions aller chercher des plantes rares à l’autre bout des territoires du clan. Chemin faisant, elle continuait à m’apprendre comment utiliser telle ou telle herbe, fleur ou racine. Aussi solitaires l’une que l’autre, nous n’avions guère besoin de nous parler pour nous comprendre. Je la considérais comme ma propre sœur et la protégeais comme telle.

La plante que Youna recherchait se cachait dans des bosquets, c’est ce qui nous sauva, du moins pour un temps. A quatre pattes et toujours aussi silencieuses, nous cherchions, embusquées malgré nous.

Des bruits de pas lourds, des cliquetis de pièces métalliques s’entrechoquant, des voix masculines. La surprise de trouver nos guerriers si loin du village où ils étaient encore ce matin me fit me relever. Et là, une terreur sourde s’empara de moi… Ce n’étaient pas nos guerriers, je ne les connaissais pas.

Youna était pétrifiée. Doucement, nous sommes sortis du bosquet et nous nous sommes éloignées. Puis nous avons couru jusqu’au village, mais la condition de ma jeune amie ne lui permettait pas de telles épreuves d’endurance. A court de souffle, elle eut du mal à me suivre, mais je ne pouvais me permettre de ralentir alors que peut être la survie du clan en dépendait.

Je laissais mon amie aux soins de sa mère et rejoins mon père et les guerriers pour attendre le retour des éclaireurs partis aussitôt que la nouvelle tomba.

Quand le soleil fut haut dans le ciel, les éclaireurs n’étaient toujours pas revenus… Leurs sorts étaient certainement scellés, les guerriers se préparèrent à partir à la rencontre des envahisseurs. Et je me préparais avec eux. Mon père m’ordonna de rester au village, me disant que je n’étais pas encore de taille à me battre contre ces hommes et que si le chef du clan tombait, il ne fallait en aucun cas que son successeur tombe en même temps que lui.

Deux autres guerriers restèrent au village et tous les villageois furent invités à se rassembler. Seules les guérisseuses restèrent chez elles, à proximité du lieu de rassemblement. Elles préparaient les onguents nécessaires aux soins qu’elles devraient apportés après la bataille.

Ce qui se passa par la suite reste à jamais gravée dans ma mémoire comme le jour où le chaos s’abattit sur mon destin.

Nos guerriers furent soit disant dépassés en nombre à peine la bataille engagée. Mais je me doutais bien que les combats furent âpres et durèrent plus longtemps que ce qu’on me laissa croire.

Un jeune enfant fut bousculé par un autre dans l’assemblée. Il avait une blessure ouverte au front, je le conduisis chez les guérisseuses. A peine chez elles, j’entendis des cris, des hurlements, en me retournant je vis que le bâtiment de chaume duquel je sortais était en flammes…

Les sentinelles avaient été égorgées, les villageois réunis présentaient une cible parfaite. Deux portes, facilement condamnables de l’extérieur, personne n’aurait pensé qu’un tel carnage puisse être réalisable par des êtres humains.

L’enfant se mit à pleurer et à crier, attirant l’attention sur nous quand le silence fut revenu et que seul le ronflement des flammes se faisait entendre. Et ce que venait de me dire mon père se vérifia : malgré mon entrainement, mais du haut de mes 14 ans, je ne faisais pas le poids face à ces guerriers aguerris… Youna tremblait de peur, sa mère faisait face avec fierté et bravoure alors que sa grand-mère invoquait déjà les valhalas pour notre salut.

Deux guerriers entrèrent, j’essayais de faire face, mais on m’envoya bien vite bouler au loin. J’ai sans doute heurté la pierre de la cheminée de la tête, ce qui m’assomma. La suite n’est plus qu’horreur. Les premiers éléments qui arrivèrent à mon esprit étaient les cris de Youna, l’un des hommes abusait d’elle. Me relevant tant bien que mal, j’oubliais qu’ils étaient deux. J’attrapais le premier objet qui me passa sous la main et m’élançais pour le frapper, mais je fus interceptée par l’autre.

~~~~~~~~~~~~~~

Bafouée, salie, battue, vendue, à nouveau battue, encore vendue… Ma vie était devenue celle d’une esclave. Une simple chose que l’on vend, que l’on utilise pour son plaisir ou pour des travaux domestiques. Youna, ma chère sœur de cœur s’était éteinte à force de fatigue et de mauvais traitements. Son corps reposait quelque part dans la mer. Du moins avait-elle pu accéder au repos éternel.

Née dans des contrées toujours verdoyantes et souvent brumeuses, j’étouffais dans ce nouveau pays que l’on appelait la Grèce. J’avais beau essayer de m’échapper à cette vie encore et toujours, j’étais systématiquement rattrapée et battue par mes « propriétaires ». Puis irrémédiablement, je finissais sur le marché aux esclaves et le calvaire recommençait.

Je ne sais pas combien de temps, ni combien d’années cela dura, j’en ai perdu toute notion de temps. Mon corps porte les trop nombreuses traces laissées par les fouets, les chaines, la faim, les travaux domestiques ou agricoles et bien d’autres. Pour achever de me retirer toute velléité, l’on m’imposa un nouveau nom. Le mien avait une consonance trop « barbare ».

Je ne sais plus sourire, je ne sais plus rire, je ne suis plus que haine et souffrance.

Et enfin un jour, j’ai cru que l’espoir pouvait renaître. Achetée par un homme qui se disait guerrier, il n’essaya pas d’abuser de moi comme les autres. Il possédait deux esclaves auprès de qui j’appris que ce nouveau maître aurait toutes les qualités possibles et imaginables. Bon, il ne s’emportait apparemment pas contre ses gens, les traitait avec respect et leur laissait même parfois quelques jours de liberté. Je ne demandais qu’à voir si cela était vrai. Et effectivement, l’homme passait son temps en dehors de sa propriété, laissant ses domestiques la gérer et leur faisant confiance.

Peu à peu, la vie reprit de sa saveur. Mais je ne m’y fiais pas, sachant à quelle vitesse tout peu basculer. Pour une fois, j’obéissais et n’essayais pas de me rebeller, profitant de ces instants d’accalmie.

Un dialogue s’instaura entre cet homme et moi. Il était un soldat d’Hadès, un spectre. Au fur et à mesure de nos discussions, il comprit que j’avais suivi un entrainement de combattant et chercha à ce que je lui montre ce que j’avais appris.

Tout d’abord réticente, je me méfiais toujours de cet homme, mais je me pliais finalement à sa volonté. Entre la faim et les mauvais traitements, j’avais perdu ma masse musculaire, mais mes réflexes étaient toujours là, et les techniques apprises auprès de mon père aussi. Avec un bon entrainement, je pouvais sans doute retrouver toutes mes forces et même présager de devenir guerrière.

L’homme m’emmena un jour dans ce qu’il appelait le Nekyomantéion. Et m’y laissa. Les paroles qu’il prononça alors résonnèrent dans mon esprit comme jamais aucune autre : si tu deviens spectre TU ES LIBRE.

Je devenais donc spectre pour devenir libre. Retrouver ma liberté et peut être un jour, retrouver mon pays et y reconstruire ce qui devrait être mon clan. Jamais aucun apprenti ne mit tant d’ardeur à l’entrainement, jamais aucun apprenti ne se battit plus ardemment contre ses camarades, en envoyant beaucoup à l’infirmerie dès le début des affrontements.

Bientôt je redevenais aussi sûre de moi qu’avant le chaos. Bientôt j’étais même devenue plus forte que la jeune fille que j’étais avant toutes ces souffrances. Bientôt, l’on m’envoya hors du Nekyomantéion pour voir de quoi j’étais capable face à un ennemi. Et bientôt, je montrais de quoi toute ma haine était capable.

Là où je passais, les ennemis tombaient. En quatre combats, je ne m’inclinais qu’une seule fois.

De retour dans ma nouvelle demeure, je demandais à avoir l’autorisation de rechercher mes racines, mon pays et de partir m’y établir tout en restant fidèle à Hadès. Ce fut tout juste si l’on ne me rigola pas au nez.

- Une esclave n’a pas son mot à dire ! Tu sers Hadès ici ou tu en subiras les conséquences !

- Je ne suis plus une esclave, je suis libre maintenant.

- Que tu crois. Tu nous appartiens, tu appartiens à Hadès et si tu t’avises de partir à l’aventure seule, tu t’en repentiras !

Ca n’en finirait donc jamais… Je profitais de la sortie d’un groupe pour le Mont Olympe pour les suivre au vu et au su de tous. En chemin, ma mission n’étant plu prioritaire dans mes pensées, je suivis mes camarades et me mêla à la population et accompagna mes frères d’arme dans les tavernes et autres bouges à peine fréquentables. L’on y parlait de plusieurs dieux, que je ne connaissais pas. Jamais l’on ne m’avait parlé de toutes ces croyances.

C’est pendant cette expédition que je rencontrais une vieille femme semblant attendre sur le bord de la route. Son regard quant à lui n’avait rien de vieux, mais son corps et sa voix trahissaient son grand âge. Elle me troubla. Je m’écartais des autres sans réellement m’en rendre compte et marchais droit vers elle. J’arrivais à sa hauteur quand elle me murmura ceci :

- Dans bien longtemps dans ton pays tu rentreras. Mais d’ici là, que de combats tu devras mener et que de victoire tu remporteras. Le chemin que tu prends n’est pas le plus judicieux. Seul le dieu des dieux, le grand Zeus, peut te venir en aide. Les sombres rangs d’Hadès tu dois quitter si tu espères revoir les cieux de ton enfance. Les spectres ne pensent qu’à combattre et à imposer le culte du dieu des Enfers. Les anges t’apporteront la véritable liberté, celle que tu as déjà connue et regrette tant. Tourne-toi vers Zeus, et avance dans la lumière divine Gwennen.

A l’évocation de mon véritable nom, j’en oubliais presque le discours tenu. Comment cette femme pouvait-elle connaître mon nom… mon véritable nom… Qui pouvait-elle bien être ? Alors que je me ressaisissais pour lui poser mille questions, elle s’était évanouit dans la nature.

Ces paroles accompagnaient mes pas le jour, et mes rêves la nuit. Je ne pouvais plus penser à autre chose qu’à ces mots… Etait-ce une prophécie ? ou les divagations d’une vieille femme ?

Chose rare, je refusais tout combat pendant ce périple… Les spectres s’en rendirent compte et me questionnèrent d’abord vaguement, puis vint l’instant où je fus prise à partie pour une mise au point.

- Phèdre, qu’est ce qui t’arrive ? Tu as changé, tu te comportes bizarement et poses beaucoup de questions sur notre seigneur Hadès, mais aussi sur son frère Zeus… Il ne te viendrait pas à l’esprit de trahir ton maître ?

- Et quand bien même ! Je suis libre depuis que j’ai intégré vos rangs ! Si je décide de partir, j’en ai le droit et vous avez le devoir de me laisser en paix.

- Crois-tu nous faire peur ? Toi la petite esclave même pas capable de se défendre ! Laisse moi rire ! Tu ne ferais même pas peur à une mouche !

- Je ne suis plus une esclave, je suis libre je te dis !

- Tu ne seras libre que le jour où tu mourras ! Personne n’est libre sous les ordres d’Hadès ! Ton ancien maître t’a offert à notre seigneur, tu n’es qu’un jouet entre ses mains !

Pour ne pas subir le courroux de guerriers plus forts que moi, je décidais de me taire, de ravaler ma dignité encore une fois. Mais cette fois-ci, c’en était trop… Il fallait que je fasse quelque chose pour reprendre mon destin en main. Mais quoi ?

Ce soir-là, je me mêlais à la population et faisais parler les gens sur leurs croyances, sur leurs allégeances, sur les dieux de l’Olympe… Zeus était apparemment le meilleur d’entre tous, laissant à ses guerriers toute liberté de mouvements, les rappelant à l’ordre quand s’était nécessaire. Les seuls guerriers à se soucier de leur honneur personnel et de l’honneur de leur armée.

Certains disaient même que lorsque l’un de ses guerriers lui faisait honneur sur les champs de bataille, il le faisait récompenser par l’entremise de ses oracles. Et cette récompense pouvait être le chemin du retour vers le pays natal du guerrier en question…

Le lendemain, nous arrivions au Mont Olympe par un chemin que je ne connaissais pas. Au loin, l’on voyait des guerriers gardant une ile sur laquelle se trouvaient un temple et une grotte. Dans les rangs des spectres, certains murmurèrent les mots : « anges, grotte des sacrifices, traitres ».

Je m’éclipsais alors et me dirigeais droit sur l’ile. Les anges me laissèrent passer sans opposer de résistance, et c’est ainsi qu’aujourd’hui je sers Zeus.

Ma liberté enfin retrouvée, je me bats aux côtés des anges, mes frères d’armes. J’ai confiance en eux, ils ne voient pas en moi une esclave, mais une jeune femme faisant son possible pour servir au mieux le dieu qui la protège. J’ai retrouvée ma dignité perdue, et même une certaine joie de vivre. L’on m’a même surprise à rêver et à sourire.


[hrp] Phèdre est le second perso de Dark nj qui servira principalement sur le forum rp [hrp]
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Uriel
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Messagepar Uriel » mar. janv. 17, 2006 9:37 pm

je me cherge de ton BG demain il est vraiment long :wink:
Anduril ne se cacherait-il pas sous les traits d'Uriel......
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Uriel
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Messagepar Uriel » ven. janv. 20, 2006 5:32 pm

Bon voila je vien de le lire, rien à redirer tu est validé^^

Bienvenue chez zeus encore une fois^^
Anduril ne se cacherait-il pas sous les traits d'Uriel......
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