
Selenia La Sans-Dieu
Il fut un temps où le nom de Selenia n’était associé ni à la haine, ni au sang, ni à la peur. Avant les dieux, avant la guerre, avant la trahison du destin, elle n’était qu’une enfant de la mer, née sous le ciel de Cap Sounion, dans un village de pêcheurs battu par les vents salés et bercé par les prières adressées à Poséidon.
Elle grandit entourée de ceux qu’elle aimait plus que tout : son frère Ektalion, déjà tourné vers l’horizon et les récits héroïques, sa sœur Mermedia, douce et protectrice, et leurs parents, modestes mais unis. Les trois enfants étaient inséparables. Ils couraient sur les rochers, s’entraînaient à mains nues sur la plage, riaient le soir en écoutant leur père raconter la mer comme une entité vivante, capricieuse mais nourricière.
Très tôt, Ektalion fut fasciné par les Marinas de Poséidon. Lorsqu’ils apparaissaient dans leurs armures d’écailles scintillant au soleil, il restait figé, les yeux pleins d’admiration. Selenia, elle, les observait différemment. Elle admirait leur puissance, leur assurance, la façon dont ils imposaient leur volonté au monde. Pas les dieux. La force.
En grandissant, la foi d’Ektalion devint absolue. Il priait, s’entraînait, rêvait de servir Poséidon corps et âme. Selenia ne le découragea jamais. Elle l’aimait trop pour cela. Mais au fond d’elle, quelque chose résistait. Elle voyait les tempêtes qui engloutissaient les bateaux malgré les offrandes. Elle voyait les prières murmurées dans la nuit, souvent sans réponse. Elle gardait le silence, par respect, par amour, par loyauté envers sa famille.
Lorsque Ektalion partit rejoindre les camps d’entraînement des Marinas, Selenia fut fière de lui. Elle l’aidait à s’entraîner lorsqu’il rentrait, veillait tard pour l’attendre, se battait contre lui pour aiguiser sa force. Leur lien était fusionnel, presque indestructible.
Jusqu’à ce jour.
Le jour où Ektalion décida de se jeter à la mer pour prouver sa foi. Le jour où Poséidon répondit.
Alors qu’il coulait vers les abysses, une bulle divine l’enveloppa et le ramena à la surface. Pour Ektalion, ce fut une révélation. Une confirmation. Son dieu l’avait choisi.
Mais pendant que le miracle s’accomplissait, la mer, cette même mer vénérée, prenait autre chose.
Le bateau de pêche de leur père chavira au large, pris dans une tempête soudaine. Aucun survivant. Aucun miracle.
Lorsque Ektalion rentra au village, le cœur gonflé d’espoir, il ne trouva que les pleurs. Sa mère effondrée. Mermedia tremblante. Et Selenia… figée.
Les mots fusèrent. Trop vite. Trop violemment.

Selenia cria ce que son cœur retenait depuis des années : que les dieux n’avaient que faire des humains, qu’ils jouaient avec leurs vies comme avec des marionnettes. Ektalion répondit avec la ferveur de celui qui venait d’être sauvé. Il osa dire que Poséidon était juste. Qu’il l’avait protégé.
Ce fut Mermedia qui prononça la phrase qui acheva de briser ce qu’il restait :
« Quand un dieu sauve une vie… il en prend une autre. »
À cet instant, Selenia comprit.
Poséidon avait choisi. Et ce choix avait un prix.
Elle regarda Ektalion autrement ce jour-là. Non par haine immédiate, mais par une douleur trop grande pour être contenue. Son frère avait vécu. Leur père était mort. Et les dieux, eux, restaient silencieux.
La nuit suivante, Selenia quitta le Cap Sounion.
Sans adieu.
Elle erra longtemps. Combattant pour survivre. Se forgea dans la douleur et la rage. Son cosmos s’éveilla, violent, instable, libéré de toute bénédiction divine. Elle attaqua temples et soldats sacrés, détruisit des symboles, massacra ceux qui priaient jusqu’au dernier souffle, savourant le moment où leurs dieux refusaient de répondre.
C’est ainsi qu’elle devint une Sans-Dieu.
Lorsqu’un garde mourant osa lui parler d’une entité nommée Déité, Selenia y vit un écho. Elle grava ce nom sur la chair du garde, brûla un village entier, laissant derrière elle un message sanglant destiné à attirer celle qui, disait-on, voulait renverser l’ordre divin.
Et Déité répondit.
L’Homme de Pildown et Gougalanna la retrouvèrent au milieu des ruines. Ils parlèrent d’une femme devenue déesse contre sa volonté, brisée par les dieux qu’elle combattait désormais. Selenia écouta, amusée, intéressée, jamais soumise.
Elle les suivit non par foi, mais par conviction.
Lorsque Selenia suivit Déité, ce ne fut ni par soumission, ni par admiration aveugle. Ce qu’elle trouva auprès de cette pseudo-divinité, ce ne fut pas une foi nouvelle… mais une reconnaissance.
Pour la première fois, quelqu’un lui disait sans détour que sa colère était légitime. Que sa haine n’était pas une faiblesse. Que son refus de prier n’était pas un blasphème, mais un acte de lucidité.
Déité ne lui promit pas le salut. Elle lui offrit les moyens de frapper.
Et pour Selenia, cela suffisait.

En recevant l’Armure du Cheval Noir, Selenia ne se demanda pas si elle était réellement capable d’affronter un dieu. La question ne se posa même pas.
Elle le sut.
Son cosmos explosa, brûlant, indomptable, alimenté par une conviction absolue : désormais, elle n’était plus une proie. Elle n’était plus une humaine condamnée à supplier.
Elle était devenue une menace.
Même si, objectivement, elle n’avait pas encore la puissance d’un dieu, Selenia n’en avait pas conscience ou plutôt, elle refusait de l’admettre. Et cette certitude faussée la rendait d’autant plus dangereuse.
Car elle combattait comme si rien ne pouvait l’arrêter.
Aux yeux de Selenia, les dieux n’étaient plus des entités supérieures. Ils étaient des tyrans.
Des êtres arrogants qui se cachaient derrière des concepts de destin, d’équilibre et de justice pour masquer leur lâcheté. Ils ne descendaient jamais eux-mêmes se battre. Ils envoyaient des Marinas, des Chevaliers, des Spectres.
Des croyants.
Des outils.
Selenia, elle, refusait d’être un outil.
Si Déité était une déesse, alors elle était une déesse qui avait compris. Si Déité tombait, Selenia continuerait.
Car l’objectif n’était pas de servir une divinité de remplacement, mais de briser le système.
Selenia croyait. Mais elle croyait en une seule chose : sa propre volonté.
Son alliance avec Déité ne lui avait pas donné une foi divine, mais une foi révolutionnaire. Une foi dans la possibilité qu’un humain, armé de rage et de détermination, puisse regarder un dieu dans les yeux sans plier le genou.
Elle se battait donc comme si chaque coup porté était déjà une victoire symbolique. Chaque prêtre tué, chaque temple détruit, chaque croyant réduit au silence était, à ses yeux, une preuve que les dieux pouvaient saigner.
SES ATTAQUES

Le Galop des Enfers
Description : Selenia fonce à toute vitesse, ses pas embrasant le sol derrière elle, et libère une tornade de feu tourbillonnante depuis son poing. Sa course laisse une traînée de flammes incandescentes qui consument tout sur leur passage.
Effet RP : L’adversaire est frappé de plein fouet par le tourbillon de feu, projeté en arrière et brûlé par l’intensité des flammes. La chaleur et la puissance de l’attaque le désorientent, le laissant vulnérable aux assauts suivants.

Le Requiem Noir
Description : Requiem Noir s’élève comme une mélodie cosmique, chaque note tissant un voile d’ombre autour de l’adversaire. L’air semble vibrer d’une harmonie sombre, suspendant un instant la perception du monde.
Effet RP : La cible cligne des yeux, désorientée, incapable de ressentir l’un de ses sens, comme si l’univers lui-même venait de lui arracher une partie de sa perception. Ses mouvements deviennent hésitants, ses réflexes ralentis, vulnérable aux attaques qui suivent.