BG de Mermedia

Présentation de la Protectrice de la Terre et de ses Chevaliers.

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Mermedia
Apprenti-guerrier
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BG de Mermedia

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La mer fut sa première mémoire.
Elle se souvenait de la barque qui tanguait doucement, du clapotis contre la coque, du rire grave de son père lorsque les filets se remplissaient. Il n’était qu’un pêcheur. Un homme simple. Mais pour Mermedia, il incarnait le monde tout entier.
Puis un matin, la mer resta silencieuse.
La barque ne rentra pas. On parla de tempête soudaine, de courant traître, de fatalité. Mermedia n’écoutait pas. Elle regardait l’horizon, persuadée que si elle fixait assez longtemps la ligne tremblante entre le ciel et l’eau, son père en surgirait.
Il ne revint jamais.
Peu après, Ektalion tentait une ultime épreuve de foi envers Poseidon. Plongeant de la plus haute falaise du Cap Sounion et coulant comme une pierre au fond des mers. Mais Ektalion fut sauvé. Mermedia comprit sans qu’on le lui dise : la mer avait pris leur père… et laissé vivre son frère.
Cette compréhension la laissa vide.
Elle n’insulta pas le dieu. Elle ne le pria pas non plus. Quelque chose se referma simplement en elle. Une confiance muette, brisée à jamais.
Alors elle partit pour Athènes.

Elle marcha longtemps, jusqu’à ce que les chemins familiers disparaissent. Elle voulait Athènes, Athéna, une justice qu’elle imaginait plus humaine, moins froide que celle des flots. Mais son errance la conduisit vers les Pics des Glaces Éternelles, comme si quelque chose l’y appelait.
La tempête fut brutale. La nuit tomba trop vite. Les loups surgirent.
Elle se souvint de leurs yeux brillants, de la peur animale qui la paralysa. Elle tomba à genoux, certaine que sa quête s’achèverait là. Dans le froid glacial dévorée par ces animaux affamés. C’est à cet instant qu’un vieil homme apparut. Il ne cria pas. Ne frappa pas. Il se contenta d’avancer, et les loups reculèrent, comme s’ils avaient reconnu quelque chose de plus ancien qu’eux. Un cosmos d’un blanc pur semblait l’envelopper. Mermedia la vision déjà trouble, ne put que se sentir soulevée de terre. Le corps du vieil homme dégageait une douce chaleur.
Il la sauva. Puis il l’observa longuement.


-Tu survivras si tu apprends à écouter le froid. dit-il.

Les années passèrent.
Des années de silence, de neige, de douleurs muettes. Le vieil homme ne l’entraînait pas comme un chevalier. Il la brisait, lentement. Il la laissait affronter la faim, l’engourdissement, la solitude. Il voulait qu’elle comprenne que la glace n’était pas un ennemi… mais une vérité.
C’est là que son cosmos s’éveilla.
Un pouvoir glacial, brutal, presque effrayant. Il jaillissait quand elle se mettait en colère, quand le souvenir de son père remontait, quand la peur de perdre Ektalion l’envahissait. La température chutait autour d’elle sans qu’elle le veuille. La glace se formait là où elle posait le regard.
Un jour, elle blessa son maître.
Rien de mortel. Mais assez pour voir, dans ses yeux, une lueur de prudence. Cette peur-là la marqua plus profondément que n’importe quelle blessure.
À partir de ce jour, Mermedia se mit à retenir son cosmos.
Elle préférait échouer plutôt que risquer de tuer. Elle se bridait volontairement, compressant son pouvoir jusqu’à la douleur. Les Crocs du Loup de Glace naquirent ainsi : une tentative désespérée de canaliser la violence, de la rendre directionnelle, précise, pour ne plus jamais perdre le contrôle.
Mais la peur demeurait.
La peur de blesser ceux qu’elle aimait.
La peur d’être une arme plutôt qu’une protectrice.

Lorsqu’elle rencontra Guilgamesh, elle vit en lui ce que son père n’avait jamais pu être : un guide, un roi marqué par les pertes, un homme qui connaissait le poids du pouvoir.
Il lui montra ce qu’elle fuyait. La prit sous son aile. Fit preuve d’une infinie patience à son égard.
Les combats contre les Souffles furent d’une violence inouïe. Ces entités primitives semblaient rire de ses hésitations. Plus elle se retenait, plus elles la dominaient. Les avatars divins, fragments de puissances anciennes, la poussèrent dans ses retranchements.
Un jour, elle mourut quelques instants. Son corps lui faisant l’effet de flotter dans le cosmos. Après avoir utilisé l’attaque ultime que lui avait enseigné son vieux maître. Elle était bien trop faible à ce moment là pour s’en servir sans risquer la mort.Tout s’éteignit.
C’est An, divinité ancienne, qui la rappela à la vie.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Mermedia comprit une chose essentielle : elle ne pouvait plus vivre dans la peur. Se retenir éternellement, c’était aussi condamner ceux qui comptaient sur elle.
Guilgamesh devint alors plus qu’un mentor. Il fut un père spirituel. Elle le respectait profondément, non pour sa puissance, mais pour sa lucidité. C’est sous son regard qu’elle accepta l’armure de la Baleine, trop lourde, trop exigeante pour elle et son inexpérience. Mais l’Oracle Athrasis lui avait confié. Peut être était ce là une épreuve. Peut être lui ne doutait pas qu’elle réussirait à contrôler l’armure.

Après la guerre contre les Généraux de Prométhée, Mermedia retourna aux glaces.
Non pour apprendre à frapper plus fort.
Mais pour apprendre à ne plus trembler.
Elle savait désormais que son cosmos était dangereux. Mais elle savait aussi que refuser de l’assumer était pire encore.
Elle était née entre la mer et la glace.
Entre le sacrifice et la justice.
Entre la peur et le devoir.
Et pour la première fois, elle accepta pleinement ce qu’elle était.
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