[Validé V4] BG de Chrysaor (multi de Waltraute)

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Chrysaor
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[Validé V4] BG de Chrysaor (multi de Waltraute)

Messagepar Chrysaor » lun. févr. 11, 2013 12:21 am

I - Ancienne BG marinesque

Un certain jour d’automne, une jeune femme se hâtait, subissant le courroux des dieux Poséidon et Zeus. En effet, ce jour-là marqua l’Attique par sa force dévastatrice due à une tempête comme on en avait jamais connue. Le Cap - Sounion, où se trouvait la jeune femme, avait même perdu des falaises à cause de la rage maritime. Essayant de faire le plus vite possible, la jeune femme s’arrêta nette, les yeux écarquillés d’horreur et de surprise face au liquide qui s’écoulait de sa tunique. Affolée, elle pressa le pas et se trouva face à 4 temples : l’un dédié à Athéna, un autre à Hadès et un à Zeus et enfin un dernier pour Poséidon. Ces temples étaient situés près d’une falaise qui s ‘écroulait petit à petit en direction de ceux-ci. N’ayant aucun abri à proximité, elle s’engagea dans le temple de Poséidon qui la protégerait si la mer se faisait trop violente.

Elle entra alors dans l’anti-chambre du temple où elle se débarrassa de ses couvertures de protection trempées par les intempéries. A peine fut-elle entrée dans la pièce principale que les premières contractions se firent sentir accompagnées de gémissements de douleurs. Entendant ses cris, un prêtre sortit d’une pièce adjacente tenant plusieurs coussins dans les mains et la fit allongée sur eux. De longues minutes s’écoulèrent ponctuées de douloureuses contractions et de hurlements déchirants. Le bébé tant attendu naquit enfin, calme et serein. Le prêtre coupa le cordon ombilical et fit à la jeune femme une révélation :

- Je suis désolé mais cette nuit, votre bébé va vous être enlevé…

- Comment ça ? demanda-t-elle dans un souffle.
- J’en suis profondément navré. J’ai eu un rêve où Poséidon m’a prévenu de votre venue et de sa volonté concernant le nouveau né. Encore désolé…

Ayant à peine finit sa phrase, une énorme vague s’abattit sur le temple. Le lendemain matin, tout était en ordre. Le prêtre et la jeune femme se réveillèrent après un sommeil forcé. La seule preuve qui restait de cet événement fut l’absence du bébé et la présence du cordon ombilical.

Vingt années passèrent depuis l’événement et on n’avait retrouvé nulle part une trace du nourrisson ni de sa forme adulte. Le prêtre avait expliqué à la jeune femme que son bébé était très désiré des dieux car il allait avoir un grand destin. En allant dans le temple de Poséidon, elle avait choisie un dieu parmi les autres et c’était ce même dieu qui s’occuperait de lui et qui lui apprendrait tous ce qu’il fallait apprendre pour devenir un marina de Poséidon. Elle ne fut pas convaincue par ces belles paroles et se donna la mort.

Un certain 23 septembre, on découvrit sur la plage une coquille géante avec à l’intérieur en beau jeune homme assez musclé avec des cheveux d’ébène et des yeux verts. Celui-ci était allongé et complètement nu. Les hommes de la cité de Mycènes se précipitèrent pour le couvrir. Ainsi on le recueillit et on le nomma Chrysaor car sa coquille était gravée d’une épée d’or. Le jeune homme ne se souvenait de rien sauf de sa mère qu’on lui avait enlevée. Tout son entraînement était gravé dans sa mémoire. Il se souvint aussi de son devoir : servir Poséidon quoiqu’il arrive car c’était sa destinée et il allait faire tout ce qu’il avait en son pouvoir pour le servir et l’honorer.



II - Triste coup du destin

Chrysaor était tranquillement installé chez lui : une petite chambre comme tous les marinas possédaient. Un lit double, un bureau, une cheminée et un bon fauteuil devant, voilà ce qui constituait le plus gros de sa chambre et de son mobilier. Une petite bibliothèque fixée sur le mur au-dessus du bureau contenait quelques ouvrages divers et variés quasiment tous en rapport avec les techniques de combat. D’ailleurs, il était même entrain de lire un livre qu’il était allé emprunter à la grande bibliothèque du temple de Poséidon. Assis sur son fauteuil, il parcourait les lignes qui s’étalaient devant ses yeux et se réchauffait à la lueur d’un feu qui continuait de brûler bien que la pluie à l’extérieur aurait pu éteindre n’importe quel feu dans cette cheminée.

Cette tempête d’ailleurs commençait sérieusement à lui courir sur le haricot ! On n’avait pas idée d’avoir un tel mauvais temps en été ! De sa mémoire, jamais il n’avait vu une telle tempête à cette période de l’année et encore moins une tempête qui durait tant de temps ! À cause de ce foutu contretemps météorologique, il n’arrêtait pas de passer son temps enfermé à l’intérieur à lire où à converser avec d’autres marinas aussi déprimés que lui. D’ailleurs il plaignait sérieusement les gardes qui devaient rester sous la pluie à surveiller qu’aucun ennemi ne venait attaquer le Cap. Ils devaient bien s’amuser sous le froid et dans leurs armures pleines d’eau… Plongé dans sa lecture, cela faisait longtemps qu’il avait appris à ne plus entendre le tonnerre qui vrombissait ou les impacts de la pluie sur ses fenêtres. En revanche, il entendit nettement le bruit de coups rapides et puissants frappés sur sa porte. Posant son livre sur son bureau, il allait à la porte et à peine l’avait il ouverte qu’un homme trempée s’y engouffra et se dirigea droit vers le feu brûlant de l’âtre.

Poussant un soupir de contentement, l’homme se dévêtit de son manteau trempé et le mit à sécher sur le pare-feu devant la cheminée. Chrysaor put enfin reconnaître son ami et élève depuis un certain temps déjà : Nautilus. Ce dernier soupirant d’aise, s’assit sur le fauteuil près de la cheminée. Il semblait bouillonner de rage et d’impatience tandis que son maître amusé attendait calmement, le sourire aux lèvres. Tiraillé entre le travail et sa femme qui était sur le point d’accoucher, Chrysaor savait que Nautilus était de plus en plus fatigué et stressé. Et ce temps n’était en rien pour arranger son état. S’approchant de son manteau, il posa une main dessus et aussitôt des cheminées de vapeur s’en échappèrent. Bien vite, le manteau était enfin sec. Avec un petit sourire reconnaissant, Nautilus prit enfin la parole :

- Merci mon ami ! Je n’en peux plus là… Ma femme est en train d’accoucher chez nous et ces foutus gardes ne veulent même pas me laisser passer pour entrer !
- Hein ?? Waltraute est sur le point de donner vie à ton fils et tu es là chez moi au lieu d’être en train de tourner en rond devant sa porte ? Non mais vraiment !

Sidéré, Chrysaor s’activa immédiatement et dans une armoire de sa chambre se saisit d’un manteau recouvert de graisse animale faisant glisser toute les gouttes d’eau sans s’y accrocher et mouiller le vêtement. Tout aussi rapidement, il se vêtit et jeta le manteau à Nautilus qui s’en saisit au vol et prit un nouveau manteau dans l’armoire et sortit avec à ses talons son ami. Puis, ils se dirigèrent rapidement vers la maison de Nautilus et patientèrent calmement devant la porte où l’on pouvait entendre les cris d’une femme qui visiblement souffrait comme il fallait… Puis au bout d’un moment, la porte s’ouvrit et sans rien attendre d’autres signes, Nautilus s’y engouffra pour vérifier l’état de sa femme et de son bébé. Souriant de l’impatience de son élève qui avait fait les 100 pas depuis qu’ils étaient ici, Chrysaor attendit quelques minutes puis entra à son tour dans la pièce pour féliciter les deux nouveaux parents et voir le petit monstre qu’il venait de mettre au monde et qui était d’ailleurs très mignon.

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Cette fois-ci, Chrysaor était tranquillement en train de dormir à poings fermés. Quoi de plus normal à cette heure avancée de la nuit ? Après avoir encore une fois passé la journée à ne rien faire, il s’était endormi tout seul devant la cheminée et plus du tout entretenu, le feu avait fini par s’éteindre à cause des trombes d’eau qui tombaient du ciel. Mais ce repos fut de courte durée car déjà quelqu’un tambourinait avec véhémence à sa porte. La tête encore prise de son récent sommeil, Chrysaor ouvrit difficilement ses yeux. Réalisant que quelqu’un était à la porte, il traîna les pieds et l’ouvrit faiblement se demandant quel idiot pouvait venir le déranger à cette heure-ci.

Comme la dernière fois, un homme entra directement chez lui et Chrysaor n’eut même pas besoin de confirmation pour savoir que son élève venait encore lui rendre une petite visite nocture. Mais cette fois-ci, il n’était pas impatient et frustré. Il bouillait littéralement d’une rage intérieure qu’il ne pouvait même pas contrôler. Rapidement, il se dirigea vers l’armoire de Chrysaor et l’ouvrit d’un coup sec en commençant à sortir des pièces d’armures de gardien des océans que Chrysaor rangeait toujours à cet endroit. Il sortit tous les objets dont il avait besoin au combat. Puis il referma l’armoire et devant le regard interrogateur de son maître encore endormi, il cria presque :

- Vite ! On a pas le temps de bavasser je te raconterai tout pendant que tu te prépareras ! Dépêches toi enfiles-moi ta tenue de combat.

Surpris par le ton de son élève, Chrysaor ne posa pas plus de question et s’arma rapidement tandis qu’un Nautilus énervé lui racontait l’enlèvement de son fils et le départ subit de Waltraute. Surpris, Chrysaor se réveilla instantanément et une fois habillé, suivi rapidement son ami qui sortait déjà sur les traces de Waltraute…

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Chrysaor et Nautilus étaient arrivés bien trop tard pour empêcher Waltraute d’être balayé comme un fétu de paille et de se faire emprisonner vulgairement dans une prison de lumière. Et cette perte de temps leur avait aussi fait perdre un combattant pour vaincre ce vieux fou. Et à ce que Chrysaor en voyait, un combattant de plus n’aurait pas été de trop… Il pouvait quasiment ressentir toute l’énergie que dégageait le sorcier mais il parvenait pas à être effrayé pour la simple et bonne raison qu’il était encore un peu trop endormi pour réaliser ce qu’il se passait réellement autour de lui. La seule chose qui restait à faire c’était de se battre contre lui et de le tuer avec ou sans Waltraute.

Alors, après l’habituel échange de paroles aimables entre ennemis, Nautilus et Chrysaor sortirent leur arme respective. On pouvait clairement ressentir que le vieux déjanté s’intéressait tout particulièrement au poignard de Nautilus, poignard sacré et imprégné de l’essence d’un Dieu. Il n’eut pas le temps de s’intéresser davantage au poignard que les deux compagnons s’élançaient au combat, nourrissant leur ennemi de deux feux croisés qu’il évita avec peine. Les armes n’eurent pratiquement aucune utilité car le sorcier n’en possédait pas et se consacrait aux sorts qu’il connaissait pour résister aux attaques et contre-attaquer à son tour. Nautilus était très en colère et sa puissance cosmique était bien plus supérieur et puissante qu’il n’en avait l’habitude. Chrysaor craignait d’ailleurs presque que son corps ne supportât mal la charge et le mette hors combat. Mais il semblait sans arrêt plein de vie et de pouvoirs qu’il déchargeait par vagues de fureur sur son ennemi.

Chrysaor lui restait plus modéré et ne dépensait que peu d’énergie en prévision d’un combat qui s’annonçait long et éprouvant. C’est d’ailleurs ce qui se passa car le combat dura plus d’une heure et les trois hommes échangeaient toujours du feu, de l’eau et de la magie noire. Chrysaor et Nautilus n’avaient malheureusement que peu touchés le sorcier qui eux les avait déjà pas mal amoché… Mais de toute évidence, de l’agacement naquit sur son visage lorsqu’il eut de plus en plus de coups. Il décida même d’y mettre fin assez rapidement… Et pour ça, Chrysaor avait un très mauvais pressentiment...

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Chrysaor ressentit une énorme tristesse lorsqu’il enfonça la lame de sa lance dans le corps de son adversaire. Après avoir brisé le champs de force avec la force incroyable de son poignard, Nautilus lui avait vite exposé son plan car le sorcier était sous le point de tuer sa femme. Il lui avait dit de tuer le sorcier pendant que lui tenterait de la sauver. Et ce point, Chrysaor n’avait même pas pu en discuter car déjà Nautilus s’élançait vers sa douce. Alors il décida de faire ce qu’il avait dit. C’était la seule occasion de le tuer, autant la saisir. Mais jamais il n’avait pensé que son ami se sacrifierait pour sa femme. Il savait que l’amour donnait des ailes et bravait tous les ouragans mais il n’avait jamais été confronté à la preuve d’une telle force…

À présent, son ami était mort. Par sa faute certainement. Si Chrysaor l’en avait empêché, il ne serait pas mort. S’il avait pris sa place, Chrysaor aurait peut-être pu détourner le sort et tous s’en seraient sortis indemnes… Peut-être… De toute manière, il n’avait pas de famille et ses seuls amis étaient les marinas. Rien ne le retenait ici alors que Nautilus… Il avait une femme, un enfant, il méritait de mourir à sa place. Mais le destin en avait voulu autrement… Et Nautilus avait péri, en héros certainement. Pris de tristesse, Chrysaor n’avait pas mesuré la situation et avait retirer la lame du corps du sorcier . Jamais il n’aurait pensé que le sorcier en profiterait pour s’enfuir avec le bébé. Il pensait simplement qu’il mourrait… Et il avait eu tort une fois de plus. Et toute la famille de Waltraute avait disparu…

Il se releva difficilement, encore sonné par le sort qu’on lui avait lancé. Il récupéra sa lance et voyant qu’il n’y avait plus de dangers, la remit sous sa forme de clé et la passa autour du cou. Puis, il s’avança vers Waltraute toujours allongée sur le sol et la prit dans ses bras. Puis, elle la porta vers le temple pour la soigner, dans l’espoir qu’elle se réveille…

(…)


Depuis une semaine déjà, Waltraute ne se réveillait pas de son éternel sommeil. Chrysaor depuis tout ce temps était assis sur une chaise à côté de ce lit. Depuis ce temps, il n’avait ni dormi, ni mangé ni bu. Cette histoire le rendait malade et il dépérissait à vue d’œil. Les prêtres et prêtresses du temple avaient bien essayé de le sortir de sa torpeur, mais il ne touchait aucun repas qu’on lui apportait ni ne disait le moindre mot de ce qui s’était passé. Le premier prêtre à avoir voulu soigner ses blessures du combat contre le sorcier s’était retrouvé dans un autre lit dans une chambre du temple, légèrement brûlé.

Depuis, tous le laissaient tranquille et le laissaient plongé dans ses réflexions. Même les marinas ne venaient plus leur rendre visite, l’atmosphère étant devenue tendue. Puis, un beau jour, Chrysaor souffla bruyamment sur sa chaise. Puis, tremblant, il se leva de sa chaise et s’assit sur le lit de Waltraute. Puis, il se pencha vers son visage et lui dégagea quelques cheveux de son oreille. Puis, il lui chuchota ces quelques mots :

- Je suis sûr qu’ils sont encore là, quelque part… Je vais les chercher et te les ramener. Je te le promets…

Puis, il s’éloigna d’elle, se leva et sortit de la pièce. Il arriva à la première auberge sur son passage et mangea tout ce qu’il put engloutir. Lorsque ce fut fait, il paya et rentra chez lui où ils nettoya ses armes, son armure de cuir et se prépara pour un long voyage. Le lendemain, il était déjà parti sur les routes, laissant derrière lui le Cap Sounion tant qu’il ne tiendrait pas sa promesse. Depuis ce jour-là, les marinas ne virent ni n’entendirent parler de lui. Certains racontent qu’il est mort. D’autres qu’il s’est suicidé. Mais en tout cas, tous savent que c’est ce jour-là que Waltraute choisit pour ouvrir ses yeux après son coma…



III - Loup es-tu ?

La neige fouettait son visage. Entouré par une couche épaisse de peaux de bêtes, Chrysaor tentait de se frayer un chemin dans ce blizzard qu'il affrontait difficilement. Il faut dire qu'avoir une épaisseur de neige au niveau des genoux n'aidait pas vraiment à sa progression. Le visage torturé et gelé par des milliers de flocons, il ne parvenait pas à voir à plus d'une dizaine de mètres. Et pourtant, il savait qu'il arriverait bientôt à l'endroit qu'il cherchait depuis bien longtemps, trop longtemps même peut être. Il n'aurait su dire combien de temps il avait parcouru le monde depuis ce jour où il avait juré retrouver Nautilus et son fils... Il avait perdu le compte des jours et des mois. Alors des années... Cela lui semblait être une petite éternité. Mais il avait promis. Il avait promis à Waltraute. Et sa promesse n'avait pas été faite à la légère même s'il doutait que Waltraute serait encore en vie pour s'apercevoir de son avancement et de son aboutissement.

Son chemin l'avait conduit au grand Nord. Il savait déjà de par de nombreux récits de son élève ou de la principale intéressée que Waltraute venait d'une région très au Nord. Il n'avait eu que peu de précisions, la jeune femme préférait garder pour elle cette partie de sa vie et l'oublier à jamais. Si seulement elle avait su à quel point cela aurait pu lui servir... A la place, il avait énormément voyagé et arpenté des étendues glaciales immenses. Il avait parcouru des villages entiers à la recherche du repère d'un quelconque sorcier ou mage noir. Il avait essuyé de nombreux refus jusqu'à être tombé enfin sur ce qu'il cherchait. Un mage noir habitait dans une immense grotte dans les montagnes. Un mage dont on avait plus rien entendu depuis des années à présent. C'était bien celui que Chrysaor cherchait.

Alors il se dirigeait en direction du château à présent, pestant contre ce mauvais temps qui lui donnait bien des difficultés. Il louait son bon sens, ou plutôt sa flemmardise, qui l'avait empêché de se raser depuis de nombreux mois déjà. A présent, sa barbe lui donnait tellement chaud et le protégeait de ce vent de malheur. Mais il fit bien vite abstraction du mauvais temps car il approchait... Il approchait de ce lieu maudit. Il le sentait... Une sourde puissance régnait en ces lieux, sombre et maléfique. C'était comme s'il se jetait dans la gueule d'un loup de l'enfer d'Hadés même si on se trouvait probablement au beau milieu d'un enfer scandinave d'un quelconque Dieu barbare. Au bout d'une heure de marche supplémentaire, il se trouva nez à nez à une formidable rangée de remparts en pierre noire comme la nuit, taillée à même la roche.

S'approchant en serrant les dents, il franchit une arche au beau milieu de ces remparts dont le contour représentait des signes païens de morts et de souffrance. Il n'y avait même pas de portes dans ces remparts. Le maître des lieux ne semblait craindre aucune menace... Surtout pas une menace venant d'une quelconque armée de soldats faibles et inoffensifs. Pas rassuré malgré l'absence visible de la moindre trace humaine, il traversa un pont de pierre s'ouvrant sur au dessus d'un précipice dont on observait même pas le fond. Plus d'une fois, le vent fort manqua de le faire basculer dans les tréfonds. Quel endroit abominable... Il finit par atteindre l'entrée d'un bâtiment dont seule la façade était visible et travaillée. Le reste du bâtiment semblait être la montagne elle même. S'arrêtant devant cette entrée d'un noir inquiétant, il essayait de sonder l'intérieur comme si quelque chose allait y surgir à tout instant. Mais seul le bruit du vent répondit à sa crainte. Frissonnant de peur, il finit par entrer dans le bâtiment et fit brûler son cosmos, faisant apparaître une flamme dans la paume de sa main.

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La visite de cet endroit s'était faite plus simplement qu'il ne l'aurait cru. Il n'y avait pas âme qui vive ici. Enfin, jadis il y en avait eu. On pouvait trouver dans des salles affreuses une série de cages affublée de piquants et contenant des squelettes de bêtes étranges voire de cauchemars. Cela faisait bien longtemps qu'elles étaient mortes, sûrement livrée à leur propre sort à la mort ou abandon de leur maître. Cela était une bonne nouvelle pour Chrysaor. Il avait peut être bien réussi à le tuer finalement ce chacal... Cette simple idée réussit à le faire sourire. Mais il devait quand même les retrouver. Il devait bien exister un moyen... Régulièrement, il avait trouvé des salles remplies de bibliothèques poussiéreuses dont certains titres faisaient froid dans le dos ou étaient simplement incompréhensibles.

Chrysaor avait parfois passé des journées à arpenter ces bibliothèques, passant d'un livre à l'autre en regardant le titre ou en le feuilletant lorsqu'il pensait qu'il avait un quelconque lien avec un sort de téléportation ou quelque chose dans ce genre. Il mit du temps avant de trouver le bon bouquin. Un sort de passage entre deux mondes. Oui, il pensait exactement comme vous. Un sort entre deux mondes, complètement impossible n’est ce pas ? Mais ce n’était pas n’importe quel monde. Ce monde c’était l’enfer. Ce sorcier de malheur avait créé un passage direct avec le monde d’Hadès.

Tout concordait, ce qu’il avait vu cette nuit là, les paroles prononcées, les gestes. Cela ne faisait aucun doute. Il avait reproduit avec exactitude ce qu’on racontait à propos du Nekyomanteion qui menait directement vers le royaume des enfers lorsqu’on savait où chercher. Probablement au sein de son temple d’ailleurs. Mais à l’inverse du Nekyomanteion, ce passage n’était que temporaire. C’était une sorte d’intrusion dans le royaume du Sombre Monarque. Un passage illégal. Ce sorcier n’état qu’un immigrant dans les terres des défunts.

Ecarquillant les yeux, Chrysaor n’en revenait pas. Il ne comprenait que très peu de choses à toutes ces histoires de magie noire. Le sort lui semblait être d’une extrême complexité. Bien entendu, en tant que grec de culture, il croyait à tous les dieux grecs, aussi bien en Hadès, Athéna ou Zeus même s’il s’était consacré à un seul d’entre eux, Poséidon. Leur existence ne faisait pas le moindre doute. Alors pourquoi un passage vers leur royaume ne serait il pas réalisable. Ne l’avait il pas vu de ses propres yeux… ? Mais créer un passage de ce type n’était pas donné à tout le monde, il ne croyait même pas en être capable pour le moins du monde.

Mais il avait promis. Et il ne pouvait pas se défiler. Il allait aller au pays des morts, en vie ou non, mais il irait. Déterminé, il referma le livre et continua sa recherche. Il devait bien exister en ces murs des manuels de base sur la magie noire. Quitte à en pratiquer, autant commencer du début après tout. Sa quête serait juste plus longtemps que prévu…



IV – Bienvenue au mort…el.

Ca y était. Il était prêt. Enfin prêt. Cela avait été loin d’être de tout repos. Apprendre la magie noire était une telle abomination. Cela allait à l’encontre de tout ce en quoi il croyait ou avait décidé de suivre dans la vie. Il avait lu des dizaines de lignes, accompli des dizaines de sorts plus ou moins utiles ou effrayants. Il s’était dégoûté lui même de certaines choses qu’il avait fait naître. Mais il comprenait à présent. Il comprenait la fonction de chaque salle, leur disposition en elle même était réfléchie et fait à propos.

Cet endroit était un véritable petit palais. On y trouvait presque de tout. Il avait même trouvé un garde-manger qui contenait des mets rares et savoureux venant de contrées inconnues. Même le temps ne semblait avoir aucune emprise sur cet endroit. Un effet d’un quelconque sortilège sans doute. Il n’avait en revanche plus aucune notion du temps qu’il avait bien pu passer à étudier tous ces livres et ces enchantements. Il n’était pas vraiment sûr de vouloir le savoir en fait… Mais il était prêt enfin. Avait un bagage impressionnant de nouveaux sorts emmagasinés dans sa mémoire, il était fin prêt à ce voyage.

Inspirant profondément, il écarta les bras et énonça une série de paroles incompréhensibles pour le commun des mortels. Il en appelait aux forces de l’au-delà et de la magie noire de s’unir et de collaborer. Il leur ordonna de créer le portail qui ne mit pas longtemps à apparaître devant lui. Un portail sombre comme la mort, comme le néant. Toute lumière semblait être aspirée par ce vortex qui pourtant n’émettait aucun son. Il était d’une froide tranquillité. Chrysaor n’en fut pas surpris le moins du monde et fut même plus que satisfait de son résultat. Alors, prenant une nouvelle inspiration, il fit un pas en avant et bouscula dans l’outre-monde.

Il n’atterrit pas exactement à l’endroit qu’il avait prévu… Il s’attendait à voir les terres sacrées du Dieu Hadès comme le décrivaient les mythes. Des terres désolées et ravagées sur lesquelles des milliers d’âmes souffraient ou au contraire les champs magnifiques de l’Elysée. Mais il n’y avait rien de tout cela. Il se retrouva dans une pièce sombre à la chaleur étouffante. A la vue de trois silhouettes, il se pétrifia alors que le portail se refermait derrière lui dans un claquement sec.

Il se trouvait en face de trois femmes à la beauté sans nulle pareille. Pas rassuré le moins du monde d’avoir été repéré dès son entrée dans le royaume des morts, Chrysaor en eut des sueurs froides et se raidit sous la tension. Les femmes, elles, souriaient de toute leur dentition parfaite. Visiblement, elles l’attendaient de pied ferme. Les fixant avec son regard vert émeraude, il essayait de déterminer leurs intentions mais leur regard impénétrable ne l’avança pas plus. Au contraire, elles se mirent à rire de bon cœur en un doux son cristallin qui aurait pu le charmer dans une autre vie. L’une d’elle s’approcha de lui avec une démarche féline et un sourire pernicieux figé sur ses lèvres.


- Et bien… Ce n’est pas trop tôt… Tu en as mis du temps mon beau… On a bien failli croire que tu ne viendrais plus…


Chrysaor déglutit péniblement alors que la jeune femme se colla à lui, passant un doigt contre son torse et descendant délicatement entre les muscles dessinés qu’elle pouvait sentir même au travers de sa tunique. Elle se mit à tourner tout autour de lui, s’amusant avec son corps comme si c’était une pièce de viande particulièrement savoureuse. Impassible, Chrysaor la regarda tournoyer autour de lui. Il sentait de toute manière qu’il ne pouvait rien y faire. Ces femmes étaient bien plus puissantes que lui. Toute résistance finirait par sa mort certaine.


- Vous m’attendiez… ? Qui êtes-vous ?

- Doucement mon beau… Doucement… Nous avons le temps de nous amuser tous ensembles… Tu n’as pas à savoir ce que nous sommes. L’important c’est ta présence ici même. Vois tu, même si ton intention est louable, on n’entre pas au royaume d’Hadès comme cela… Ta petite intrusion… Non non non… C’était vraiment très vilain de ta part petit bigorneau…

- Je suis vraiment désolé, je n’avais pas d’autre choix… Je suis à la recherche de…

- Tututu. Nous savons déjà ce que tu es venu chercher sur les terres noires mon petit… Mais ce que tu cherches ne se trouve pas ici petit cœur d’amour…

- Mais pourtant… Le sorcier…

- Ne se trouve plus ici. Elle le regarda intensément avec de grands yeux jaunes hypnotisant. Puis elle éclata de rire. Vois-tu, nous nous en sommes occupés. Son arrivée ici nous a bien entendu bien supris mais… On a su remettre les choses en ordre.

- Mais comment… ? et le bébé… ?

- Parti lui aussi ! Elle leva les bras au ciel avant de poser ses mains sur les épaules du guerrier, descendant de plus en plus bas avec un sourire divin. A l’heure où nous parlons, il a déjà rejoint sa mère. Enfin en quelques sortes… Vois tu, votre petite histoire nous a bien amusées… Vraiment. Notre petite armée divine s’est agrandie sur terre, ce n’est pas rien.

- De quoi parlez vous… ?

- Tututu… C’est moi qui mène la conversation ici… Ecoute moi bien. Tu n’as pas bien le choix de toute manière. Ton arrivée ici, cela ne doit plus arriver. Jamais.

- Je vous le promets, je n’utiliserai plus jamais ce sort à nouveau.

- Voyons, nous savons déjà tout ça. Quand tu t’en iras de cet endroit, tu ne te souviendras de rien de tout ça. Ni même de nous… Ce qui est assez… Frustrant.


La femme pendant qu’elle parlait était descendue toujours plus bas. Sa main à la fin de sa phrase se retrouva dans une position incommodante pour Chrysaor au niveau de son entrejambe. Il tressaillit et se mordit la joue pour ne pas hurler de rage. La jeune femme le regarda, surpris, puis pris une moue déçue comme une petite fille à qui on aurait enlevé son jouet. Elle se décolla alors de lui et rejoignit ses compagnes en exagérant des sanglots feints.


- Je ne te savais pas comme ça… C’est la première fois de ma vie que je me prends un râteau. C’est… Douloureux.

- Désolé, tu n’as aucune chance avec moi. Aucune de vous à vrai dire…

- Hum… Et bien tu viens de te sauver la vie mon joli. On aime les hommes qui ne peuvent pas nous résister. Leur viande est tellement savoureuse… Son regard s’attarda sur les parties intimes de Chrysaor qui déglutit à nouveau. Mais peu importe. Maintenant tu vas faire ce que l’on va te dire… Tu vas emprunter le portail que l’on va faire apparaître derrière toi. Il va t’emmener directement auprès de ta très chère Waltraute. Malheureusement pour toi, son Nautilus n’est plus à ses côtés… Ton béguin pour lui était, bien que déplacé, très… Touchant.

- Je ne… Mais pas du tout…

- Tututu, je parle petit caniche. Ce qui est amusant vois tu c’est que pour une fois on n’aura même à te forcer de rejoindre les forces du nouveau Dieu qu’elle sert.

- De quoi parlez vous ? Nous servons le maître des océans. Il ne pourrait en être autrement !

- Vraiment… ? Tu es bien sûr de toi… ? Voyons… Réfléchis bien…


Ecarquillant les yeux, Chrysaor fut surpris. Bien sûr. Mais bien entendu qu’elle avait raison. Cela faisait bien longtemps que le Dieu des marins avait quitté son cœur. Etait il sot au point de se voiler la face ? Lorsqu’on avait vécu autant de choses que lui en si peu de temps, pouvait il en être autrement ? Pouvait on encore mettre sa vie aux mains d’un Dieu de la mer ? Notre simple existence de mortel finirait un jour ou l’autre dans l’antre du Dieu Invisible. C’était une évidence. Il n’y avait que lui qui pouvait acheter la rédemption de notre âme et la sauver dans l’au-delà.

A vrai dire, il n’avait jamais vraiment loué le Dieu Poséidon. Ce qu’on racontait sur son arrivée à Mycènes était certes impressionnant. Mais pouvait il vraiment savoir si le Dieu des océans lui-même avait voulu lui sauver la vie ? Sûrement pas. Qu’aurait il fait d’un mortel comme lui ? Il ne pouvait que louer les créatures maritimes qui avaient fait de lui-même ce qu’il était à présent. Et les Dieux seuls savaient si elles servaient Poséidon ou un tout autre Dieu… Il baissa alors les yeux. Elles avaient raison sur toute la ligne.


- Vois tu à présent ? Tu es enfin sur la bonne voie petit chéri… Tu vas pouvoir rentrer chez ton nouveau Dieu à présent. Tu vas pouvoir dire à cette chère Waltraute la bonne nouvelle… Son fils est vivant. C’est une des rares choses dont tu te souviendras de notre entretien. Mais… Bon courage pour le trouver…

- Mais… Aidez nous ! Vous savez bien où il peut se trouver !

- Bien entendu que nous savons. Mais ce serait bien trop simple enfin. D’ailleurs, puisque tu nous as résisté et que tu as cassé tout notre petit jeu qui consistait à te dévorer soigneusement, on a décidé de te faire une petite surprise… Bon ce n’est pas grand chose. Mais ça nous amuse follement, c’est l’essentiel.

- De quoi parlez vous ?

- Oh ce n’est rien… Tu le verras très vite… Allez, pars d’ici avant que nous décidions de changer d’avis et de goûter à ta chair…

- Non ! Attendez ! J’ai besoin de savoir… Aaaaah !


Chrysaor poussa un cri retentissant alors qu’un claquement sec résonna derrière lui à l’arrivée d’un nouveau portail presque identique à celui qu’il venait d’emprunter. Il se recroquevilla au sol en se tenant la tête. Des craquements sinistres d’os se firent entendre alors qu’il hurlait à la mort. Ses cheveux jadis si noirs et ténébreux s’éclaircirent et devinrent blond comme les blés. La jeune femme éclata d’un grand rire qui n’avait plus rien de cristallin puis repoussa Chrysaor d’un violent coup de pied qui lui coupa le souffle et l’envoya valser au loin, traversant ce portail qui l’envoya directement dans les terres du Nekyomanteion…
Dernière modification par Chrysaor le lun. févr. 11, 2013 5:31 pm, modifié 1 fois.
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Re: BG de Chrysaor (multi de Waltraute)

Messagepar Nikiolas » lun. févr. 11, 2013 8:52 am

Good pour moi :wink:
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Karybdus
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Re: BG de Chrysaor (multi de Waltraute)

Messagepar Karybdus » lun. févr. 11, 2013 5:14 pm

C'est également bon pour moi. J'avoue avoir tiqué avec le coup du passage en Enfer via magie noire car c'et toujours délicat d'employer le mot magie dans le monde de GW et de dévelloper cette idée sans que ca devienne totalement ahurissant. Cependant, bien que ca sorte de derriére les fagots de temps à autre, ton récit reste logique, compréhensible et ancré suffisament dans le monde de GW.

Bref, tu peut mettre [VALIDE] devant le titre du sujet. j'ai hâte de voir ce que va donner Chrysaor en RP :wink:
Topic RP Event :Le serpent hexacéphale
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Re: [Validé] BG de Chrysaor (multi de Waltraute)

Messagepar Zacchios » lun. févr. 11, 2013 5:15 pm

Tu peux le faire toi même feignasse :D

Je l'ai fait pour toi cette fois-ci :roll:
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Re: [Validé] BG de Chrysaor (multi de Waltraute)

Messagepar Chrysaor » lun. févr. 11, 2013 5:31 pm

Aha merci les amis :D

Thermos > Je t'avoue qu'à la base j'ai hésité aussi avec la magie noire et j'ai plus pensé au fait que le sort n'était pas une création réelle d'un portail mais plus une sorte d'illusion bien puissante qui pourrait utiliser le cosmos et qui serait à usage unique. Il serait assez puissant pour tromper les sens du guerrier au point qu'il croit que c'est une chose bien réelle et tout se qui s'y passe ne serait qu'une illusion et même les effets d'un quelconque changement durant ce "rêve" comme son changement d'apparence qui pourrait être une étendue de l'illusion aux personnes qui le regarde.

Mais bon c'est sûr que c'est une des explications fumeuses que j'ai inventé pour que ça colle un peu mieux au jeu :lol:
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