[VALIDE] Demetrius
Modérateurs : Maîtres de jeu, Oracles d'Hadès
[VALIDE] Demetrius
C'est un soir de nuit sans lune, au fond d'une humble demeure spartiate, que naquit Demetrius,
unique fils de la belle Cassandra et du du soldat Nicilas. On raconte que lorsque les pleurs de
l'enfant parvinrent enfin à ses parents, tous ceux qui entendirent les cris du garçon furent saisis d'effroi, devant l'énergie déployée par une si petite chose... C'était aussi la dernière fois que l'enfant fut en présence de son père. Une semaine plus tard, le polémarque Nicilas fut décapité par un cavalier perse sur les bords du fleuve Méandre.
L'envoyé des Ephores, les gouvernants, considéra l'enfant pâle et chétif, sans doute né
bien avant son terme, et le jugea inapte à servir la cité . Conformément à la tradition, il fut abandonné sur le mont Taygète et destiné à mourir par exposition à l'astre du jour. Cependant, l'Olympe ne voulut pas de ce sacrifice, et quarante-huit heures plus tard, on pouvait encore entendre les cris du petit spartiate. On ne put se résoudre à affirmer si l’enfant était protégé des Dieux ou si Hadès n’avait simplement pas voulu d’un tel braillard en son royaume, et l'enfant fut discrètement rendu à sa mère.
Jusqu'à l'âge de 7 ans, Demetrius demeura auprès de la douce Cassandra, et eut droit à toute l'affection qu'un jeune spartiate aurait pu espérer. Il était frêle et paraissait fragile comme le verre, mais sa relative faiblesse n’était rien en comparaison de sa vive intelligence et de sa capacité légendaire à sortir de ses gonds, et aucun enfant n'eut osé provoquer sa colère… les adultes eux-mêmes y réfléchissant à deux fois, par respect pour leurs tympans.
Lorsque débuta son entraînement militaire, Demetrius s'imposa bien vite comme un excellent élément, certes moins fort que ses camarades, mais tout aussi habile et courageux. Il n'aimait pas l'injustice, pas plus que le manque d'honneur, et jugeait la désobéissance souvent nécessaire pour rétablir l'ordre... ce qui en faisait un spartiate tout à fait particulier. En plus d’un caractériel notoire.
Il avait tout juste onze ans lorsque, au cours d’un entraînement au maniement des armes, il retint du poing le bâton de son chef de groupe, qui allait s’abattre sur un de ses camarades aux membres brisés par les coups et agonisant sur le sol. Le chef en colère provoqua le jeune « gringalet » en duel, de deux ans son cadet ; mal lui en prit, puisqu’il demeura alité les 10 jours suivants, le crâne à moitié fendu pour avoir laisser Demetrius porter le premier coup, de toute sa fureur juvénile. Ce dernier fut flagellé dix heures durant pour avoir défier l’autorité de son chef ; mais il n’eut plus jamais à souffrir du moindre sobriquet.
A seize ans, Demetrius faisait la fierté de sa mère et la crainte de ses adversaires. C’était un beau jeune homme (quoique toujours aussi gringalet) et un soldat redouté ; si son physique lui permettait tout juste de soulever une épée à deux mains, mieux valait ne pas lui laisser le temps d’utiliser son arc ou son poignard. Il était aussi passer maître dans l’art de la comédie et de la dissimulation, et serait, à n’en point douter, un assassin très utile aux intérêts spartiates.
Ainsi, il fut naturellement désigné pour la kryptie, épreuve réservée à l’élite des élèves soldats. Les kryptes étaient envoyés en plein hiver dans les régions les plus reculées du territoire, sans provision et munis d'un simple coutelas, avec comme consignes de ne pas se laisser voir, de se nourrir de larcins et de se livrer de nuit à la chasse aux hilotes (esclaves) auxquels les éphores avaient préalablement déclaré la guerre. Demetrius quitta Sparte sans se retourner, et marcha par-delà le Mont Taygète qui l’avait épargné jadis.
Après deux semaines de voyage, il cessa de compter les jours. Il faisait froid, la marche était rude. Il n’éprouvait pas de difficulté à se nourrir, à condition de croiser la route des hommes auxquels il dérobait aisément de quoi s’armer et subsister. Ailleurs, le gibier était rare, et malgré ses talents de chasseur, la faim devenait un fardeau de plus en plus lourd. Et surtout il ne trouvait pas ce pourquoi il était venu de si loin : un petit groupe d’hilotes avait massacré ses maîtres spartiates et volé leurs richesses avant de prendre la route du sud, quelques jours avant son départ, et sa mission consistait à les retrouver et tuer leur chef, le traître Silas. La rumeur disait qu’ils demeuraient sous la protection de soldats athéniens, mais Demetrius n’y croyait pas : s’aventurer aussi loin de leurs terres était devenu une aventure périlleuse, depuis que Sparte dominait sans partage les plaines du Péloponnèse.
Un matin, il parvint enfin à suivre une piste, qui prit une forme inattendue : celle de cadavres disposés sur son chemin. Il put reconnaître certains des hilotes qu’on lui avait décrit, au moins pour ceux qui demeuraient identifiables. Car la violence des coups portés avait littéralement fait explosé les visages et les cages thoraciques, et Demetrius doutait que même une massue portée par un Titan ne puisse faire de tels dégâts… Il suivit l’odeur du sang et des combats pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que la terre se mette à trembler sous ses pieds, à intervalles réguliers. Puis vint le fracas du tonnerre, évoquant la colère de Zeus, qui déchirait le silence et soulevait des colonnes de poussière loin dans l’horizon. Demetrius commençait à craindre ce qu’il pourrait découvrir plus avant. Lui qui n’avait jamais été enclin à la superstition, craignait maintenant la colère des Dieux, plus que la mort…
Car depuis qu’il avait entamé son périple, Demetrius se sentait confus, malade. Quelque chose troublait son âme, et cette impression grandissait au fur et à mesure qu’il approchait du but. Ses nuits étaient agitées de rêves étranges et d’avertissements qu’il ne comprenait pas. Son père lui apparaissait, ce père dont il avait oublié jusqu’à l’existence passée ; s’adressant à son fils, il répétait inlassablement les mêmes paroles insaisissables, pâle comme un fantôme et entouré d’une sombre aura qui ne lui appartenait pas… Une aura dont la puissance semblait effroyable. Par moment dans la journée, il sentait cette aura autour de lui, il sentait le souffle défunt de son père sur sa nuque… Conscient de sombrer peu à peu dans la folie, il se laissait aller à la colère et parfois, les plaines désertes résonnaient de ses cris de rage, cette rage qu’il contenait depuis son enfance… Alors, il se sentait fort, comme il ne l’avait jamais été.
Plus déterminé que jamais, le jeune spartiate poursuivit sa route, malgré la faim et les cauchemars, et ne tarda pas à découvrir l’objet de sa quête. Un soir, à l’orée d’une clairière, il finit par apercevoir, étendu dans l’herbe, les restes du corps de Silas qui venait sans doute de subir le même sort que ses compagnons. A quelques pas du cadavre, se faisaient face deux hommes en armures de cuir, l’un resplendissant comme le Soleil, l’autre sombre comme la nuit. Habilement dissimulé, Demetrius attendit de longues minutes l’issue de ce qui serait sans doute un combat à mort. Puis le guerrier sombre leva un bras, prononçant d’étranges paroles. Son adversaire se rua sur lui mais eut à peine le temps de faire un pas, qu’il était frappé par une pluie d’éclairs transperçant son corps et son armure. Une explosion s’ensuivit, Demetrius fut projeté en arrière et perdit connaissance.
- Impressionnant, petit. Tu es impressionnant.
Demetrius peina à ouvrir les yeux. Etait-il vivant ?
- Je devrai te tuer pour avoir assister à notre combat. Mais si Hadès l’avait voulu, tu serais déjà mort. Un simple être humain n’aurait pas survécu au sacrifice de ce chevalier, et j’avoue moi-même avoir eu de la chance…
- Qui… qui êtes-vous ?
- Mon nom est Caradras, spectre d’Hadès. Je te reconnais, Demetrius. Tu n’étais qu’un enfant lorsque j’ai quitté Sparte, mais je me souviens de toi. Autrefois, j’ai combattu sous les ordres de ton père. Cesse de bouger, maintenant.
- Spectre ?… je… me rappelle… de toi…
- Possible. Reste tranquille ou tes blessures vont se rouvrir. Je ne tiens pas à ce que tu meurs.
Il ne sut jamais si il était en plein rêve ou si ses songes étaient inspirés par les paroles de Caradras… mais Demetrius vit, de ses yeux.
Il vit son père, épée au poing, s’enfoncer vaillamment dans les lignes perses. Il vit sa tête tranchée nette roulée sur le sol, et son meurtrier succomber à une volée de flèches.
Il vit comment le jeune Caradras s’était éveillé à la conscience de spectre, lors d’une bataille contre les armées de Thèbes ; comment, pris de folie, il massacra amis et ennemis sans
distinction, avant de reprendre ses esprits.
Il vit Caradras prêter allégeance au Seigneur Hadès et à ses oracles. Il vit l’étendue des pouvoirs qui s’étaient alors offerts à lui… I
Il vit comment il avait, sur ordre de ses maîtres, suivi et tué les hilotes qui avaient la faveur d’Athéna. Et comment il s’était, non sans mal, débarrassé du chevalier venu au secours des rebelles.
Il se vit, au milieu des enfers, face au fantôme de son père. Toujours les mêmes mots… mais cette fois, ils résonnaient dans les profondeurs de son âme.
« Va, lui disait-il, rejoins le Seigneur Hadès et son Armée. Venge-moi ! Le Seigneur Hadès est grand, lui seul doit régner sur ces terres. Fils ! Ecoute moi, je suis son messager ! Sparte se meurt ! Accepte ce qui t’es offert ! »
Alors Nicilas disparut, laissant place à une vision d’horreur. Sparte en flamme, Sparte détruite, abandonnée par les Dieux. Sparte baignant dans le sang, celui de Cassandra, étendue sur le seuil de sa demeure. La peur. La colère. La haine…
La puissance qui submergea son esprit, les rêves dissimulés se rappelant à sa mémoire, la voix de son père, entendue par delà les mondes… cette présence diffuse, le souffle du Seigneur Hadès… « Accepte ce qui t’es offert…»
Il abandonna toute résistance, et sombra dans les ténèbres.
Au matin suivant, Demetrius se réveilla. Mu par une volonté qui lui était étrangère, il trouva la force de se lever. Il quitta le lit de brindilles sur lequel le Spectre l’avait installé, et fit quelques pas avant d’apercevoir la silhouette de Caradras, vêtu de son armure, appuyé contre un arbre. Il s’en approcha en boitant, avant de constater qu’il était mort, le cœur transpercé de part en part d’une flèche invisible.
Une colère sourde grondait en lui, aveuglante, implacable. Il sentit le pouvoir au creux de ses mains, devina l’univers autour de lui. Il laissa l’Esprit prendre possession de son âme et remplir son corps… Il se sentait fort. Se tournant vers l’horizon, il murmura.
- Seigneur Hadès. Il m’appelle…
Demetrius, fils de Nicilas et enfant de Sparte, était mort de son ultime colère. Mais avant de renaître Spectre, il lui faudrait suivre le chemin de sa destinée, et la voix de son nouveau maître…
unique fils de la belle Cassandra et du du soldat Nicilas. On raconte que lorsque les pleurs de
l'enfant parvinrent enfin à ses parents, tous ceux qui entendirent les cris du garçon furent saisis d'effroi, devant l'énergie déployée par une si petite chose... C'était aussi la dernière fois que l'enfant fut en présence de son père. Une semaine plus tard, le polémarque Nicilas fut décapité par un cavalier perse sur les bords du fleuve Méandre.
L'envoyé des Ephores, les gouvernants, considéra l'enfant pâle et chétif, sans doute né
bien avant son terme, et le jugea inapte à servir la cité . Conformément à la tradition, il fut abandonné sur le mont Taygète et destiné à mourir par exposition à l'astre du jour. Cependant, l'Olympe ne voulut pas de ce sacrifice, et quarante-huit heures plus tard, on pouvait encore entendre les cris du petit spartiate. On ne put se résoudre à affirmer si l’enfant était protégé des Dieux ou si Hadès n’avait simplement pas voulu d’un tel braillard en son royaume, et l'enfant fut discrètement rendu à sa mère.
Jusqu'à l'âge de 7 ans, Demetrius demeura auprès de la douce Cassandra, et eut droit à toute l'affection qu'un jeune spartiate aurait pu espérer. Il était frêle et paraissait fragile comme le verre, mais sa relative faiblesse n’était rien en comparaison de sa vive intelligence et de sa capacité légendaire à sortir de ses gonds, et aucun enfant n'eut osé provoquer sa colère… les adultes eux-mêmes y réfléchissant à deux fois, par respect pour leurs tympans.
Lorsque débuta son entraînement militaire, Demetrius s'imposa bien vite comme un excellent élément, certes moins fort que ses camarades, mais tout aussi habile et courageux. Il n'aimait pas l'injustice, pas plus que le manque d'honneur, et jugeait la désobéissance souvent nécessaire pour rétablir l'ordre... ce qui en faisait un spartiate tout à fait particulier. En plus d’un caractériel notoire.
Il avait tout juste onze ans lorsque, au cours d’un entraînement au maniement des armes, il retint du poing le bâton de son chef de groupe, qui allait s’abattre sur un de ses camarades aux membres brisés par les coups et agonisant sur le sol. Le chef en colère provoqua le jeune « gringalet » en duel, de deux ans son cadet ; mal lui en prit, puisqu’il demeura alité les 10 jours suivants, le crâne à moitié fendu pour avoir laisser Demetrius porter le premier coup, de toute sa fureur juvénile. Ce dernier fut flagellé dix heures durant pour avoir défier l’autorité de son chef ; mais il n’eut plus jamais à souffrir du moindre sobriquet.
A seize ans, Demetrius faisait la fierté de sa mère et la crainte de ses adversaires. C’était un beau jeune homme (quoique toujours aussi gringalet) et un soldat redouté ; si son physique lui permettait tout juste de soulever une épée à deux mains, mieux valait ne pas lui laisser le temps d’utiliser son arc ou son poignard. Il était aussi passer maître dans l’art de la comédie et de la dissimulation, et serait, à n’en point douter, un assassin très utile aux intérêts spartiates.
Ainsi, il fut naturellement désigné pour la kryptie, épreuve réservée à l’élite des élèves soldats. Les kryptes étaient envoyés en plein hiver dans les régions les plus reculées du territoire, sans provision et munis d'un simple coutelas, avec comme consignes de ne pas se laisser voir, de se nourrir de larcins et de se livrer de nuit à la chasse aux hilotes (esclaves) auxquels les éphores avaient préalablement déclaré la guerre. Demetrius quitta Sparte sans se retourner, et marcha par-delà le Mont Taygète qui l’avait épargné jadis.
Après deux semaines de voyage, il cessa de compter les jours. Il faisait froid, la marche était rude. Il n’éprouvait pas de difficulté à se nourrir, à condition de croiser la route des hommes auxquels il dérobait aisément de quoi s’armer et subsister. Ailleurs, le gibier était rare, et malgré ses talents de chasseur, la faim devenait un fardeau de plus en plus lourd. Et surtout il ne trouvait pas ce pourquoi il était venu de si loin : un petit groupe d’hilotes avait massacré ses maîtres spartiates et volé leurs richesses avant de prendre la route du sud, quelques jours avant son départ, et sa mission consistait à les retrouver et tuer leur chef, le traître Silas. La rumeur disait qu’ils demeuraient sous la protection de soldats athéniens, mais Demetrius n’y croyait pas : s’aventurer aussi loin de leurs terres était devenu une aventure périlleuse, depuis que Sparte dominait sans partage les plaines du Péloponnèse.
Un matin, il parvint enfin à suivre une piste, qui prit une forme inattendue : celle de cadavres disposés sur son chemin. Il put reconnaître certains des hilotes qu’on lui avait décrit, au moins pour ceux qui demeuraient identifiables. Car la violence des coups portés avait littéralement fait explosé les visages et les cages thoraciques, et Demetrius doutait que même une massue portée par un Titan ne puisse faire de tels dégâts… Il suivit l’odeur du sang et des combats pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que la terre se mette à trembler sous ses pieds, à intervalles réguliers. Puis vint le fracas du tonnerre, évoquant la colère de Zeus, qui déchirait le silence et soulevait des colonnes de poussière loin dans l’horizon. Demetrius commençait à craindre ce qu’il pourrait découvrir plus avant. Lui qui n’avait jamais été enclin à la superstition, craignait maintenant la colère des Dieux, plus que la mort…
Car depuis qu’il avait entamé son périple, Demetrius se sentait confus, malade. Quelque chose troublait son âme, et cette impression grandissait au fur et à mesure qu’il approchait du but. Ses nuits étaient agitées de rêves étranges et d’avertissements qu’il ne comprenait pas. Son père lui apparaissait, ce père dont il avait oublié jusqu’à l’existence passée ; s’adressant à son fils, il répétait inlassablement les mêmes paroles insaisissables, pâle comme un fantôme et entouré d’une sombre aura qui ne lui appartenait pas… Une aura dont la puissance semblait effroyable. Par moment dans la journée, il sentait cette aura autour de lui, il sentait le souffle défunt de son père sur sa nuque… Conscient de sombrer peu à peu dans la folie, il se laissait aller à la colère et parfois, les plaines désertes résonnaient de ses cris de rage, cette rage qu’il contenait depuis son enfance… Alors, il se sentait fort, comme il ne l’avait jamais été.
Plus déterminé que jamais, le jeune spartiate poursuivit sa route, malgré la faim et les cauchemars, et ne tarda pas à découvrir l’objet de sa quête. Un soir, à l’orée d’une clairière, il finit par apercevoir, étendu dans l’herbe, les restes du corps de Silas qui venait sans doute de subir le même sort que ses compagnons. A quelques pas du cadavre, se faisaient face deux hommes en armures de cuir, l’un resplendissant comme le Soleil, l’autre sombre comme la nuit. Habilement dissimulé, Demetrius attendit de longues minutes l’issue de ce qui serait sans doute un combat à mort. Puis le guerrier sombre leva un bras, prononçant d’étranges paroles. Son adversaire se rua sur lui mais eut à peine le temps de faire un pas, qu’il était frappé par une pluie d’éclairs transperçant son corps et son armure. Une explosion s’ensuivit, Demetrius fut projeté en arrière et perdit connaissance.
- Impressionnant, petit. Tu es impressionnant.
Demetrius peina à ouvrir les yeux. Etait-il vivant ?
- Je devrai te tuer pour avoir assister à notre combat. Mais si Hadès l’avait voulu, tu serais déjà mort. Un simple être humain n’aurait pas survécu au sacrifice de ce chevalier, et j’avoue moi-même avoir eu de la chance…
- Qui… qui êtes-vous ?
- Mon nom est Caradras, spectre d’Hadès. Je te reconnais, Demetrius. Tu n’étais qu’un enfant lorsque j’ai quitté Sparte, mais je me souviens de toi. Autrefois, j’ai combattu sous les ordres de ton père. Cesse de bouger, maintenant.
- Spectre ?… je… me rappelle… de toi…
- Possible. Reste tranquille ou tes blessures vont se rouvrir. Je ne tiens pas à ce que tu meurs.
Il ne sut jamais si il était en plein rêve ou si ses songes étaient inspirés par les paroles de Caradras… mais Demetrius vit, de ses yeux.
Il vit son père, épée au poing, s’enfoncer vaillamment dans les lignes perses. Il vit sa tête tranchée nette roulée sur le sol, et son meurtrier succomber à une volée de flèches.
Il vit comment le jeune Caradras s’était éveillé à la conscience de spectre, lors d’une bataille contre les armées de Thèbes ; comment, pris de folie, il massacra amis et ennemis sans
distinction, avant de reprendre ses esprits.
Il vit Caradras prêter allégeance au Seigneur Hadès et à ses oracles. Il vit l’étendue des pouvoirs qui s’étaient alors offerts à lui… I
Il vit comment il avait, sur ordre de ses maîtres, suivi et tué les hilotes qui avaient la faveur d’Athéna. Et comment il s’était, non sans mal, débarrassé du chevalier venu au secours des rebelles.
Il se vit, au milieu des enfers, face au fantôme de son père. Toujours les mêmes mots… mais cette fois, ils résonnaient dans les profondeurs de son âme.
« Va, lui disait-il, rejoins le Seigneur Hadès et son Armée. Venge-moi ! Le Seigneur Hadès est grand, lui seul doit régner sur ces terres. Fils ! Ecoute moi, je suis son messager ! Sparte se meurt ! Accepte ce qui t’es offert ! »
Alors Nicilas disparut, laissant place à une vision d’horreur. Sparte en flamme, Sparte détruite, abandonnée par les Dieux. Sparte baignant dans le sang, celui de Cassandra, étendue sur le seuil de sa demeure. La peur. La colère. La haine…
La puissance qui submergea son esprit, les rêves dissimulés se rappelant à sa mémoire, la voix de son père, entendue par delà les mondes… cette présence diffuse, le souffle du Seigneur Hadès… « Accepte ce qui t’es offert…»
Il abandonna toute résistance, et sombra dans les ténèbres.
Au matin suivant, Demetrius se réveilla. Mu par une volonté qui lui était étrangère, il trouva la force de se lever. Il quitta le lit de brindilles sur lequel le Spectre l’avait installé, et fit quelques pas avant d’apercevoir la silhouette de Caradras, vêtu de son armure, appuyé contre un arbre. Il s’en approcha en boitant, avant de constater qu’il était mort, le cœur transpercé de part en part d’une flèche invisible.
Une colère sourde grondait en lui, aveuglante, implacable. Il sentit le pouvoir au creux de ses mains, devina l’univers autour de lui. Il laissa l’Esprit prendre possession de son âme et remplir son corps… Il se sentait fort. Se tournant vers l’horizon, il murmura.
- Seigneur Hadès. Il m’appelle…
Demetrius, fils de Nicilas et enfant de Sparte, était mort de son ultime colère. Mais avant de renaître Spectre, il lui faudrait suivre le chemin de sa destinée, et la voix de son nouveau maître…
Dernière modification par Demetrius le dim. oct. 09, 2005 2:58 pm, modifié 3 fois.

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Niebelungen
- Guerrier Mythique
- Messages : 3070
- Inscription : ven. juin 11, 2004 12:33 am
- Localisation : Toujours près des miens
Superbe, rien à redire sur le récit. L'un des plus beaux qu'ils m'est été de lire. c'est vraiment bien écrit.
Les seuls hics ne concerneront donc pas la mise en page, pas l'orthographe, pas de grammaire, pas l'écriture en elle même, mais tout simplement à certains détails qui ne colles pas avec le jeu ou l'esprit.
Tout d'abord on demande à tous d'être humble et de ne pas faire de son personnage quelqu'un comme celui qui est le plus fort, le plus magnifique. Et là force est de constater que tu n'y vas pas avec le dos de la cuiller avec ton perso
Il n'y a quasiment que des superlatifs le concernant. Quand au fait que les Dieux de l'Olympe se penchent sur son berceau
...
Ensuite, les surplis sont à peine créées et ne sont donc encore portées par personne. Vous en serez les 1er porteurs, question rp cela simplifie beaucoup de chose.
Voilà je crois malgré l'heure tardive n'avoir vu que ces deux points là à revoir pour aller sur le chemin de la validation.
Les seuls hics ne concerneront donc pas la mise en page, pas l'orthographe, pas de grammaire, pas l'écriture en elle même, mais tout simplement à certains détails qui ne colles pas avec le jeu ou l'esprit.
Tout d'abord on demande à tous d'être humble et de ne pas faire de son personnage quelqu'un comme celui qui est le plus fort, le plus magnifique. Et là force est de constater que tu n'y vas pas avec le dos de la cuiller avec ton perso
Ensuite, les surplis sont à peine créées et ne sont donc encore portées par personne. Vous en serez les 1er porteurs, question rp cela simplifie beaucoup de chose.
Voilà je crois malgré l'heure tardive n'avoir vu que ces deux points là à revoir pour aller sur le chemin de la validation.

La vie est une lutte, alors je lutterai à vie...
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Mandos
- Guerrier Légendaire
- Messages : 1849
- Inscription : dim. oct. 31, 2004 12:19 pm
- Localisation : Proche du Styx
Comme l'a dit Nieb, ton histoire est vraiment bien écrite, et sa lit sans difficulté. C'est très agréable de lire des Bg comme ça.
Cependant, je rejoins Nieb sur les points qu'il a soulevé, notament sur les armures. Pour l'instant les guerriers en n'ont pas. Donc le passage avec le chevalier d'argent et de Caradras est à modifier.
Et je rajouterais aussi le fait que les spectres ne sont pas des morts revenus à la vie. Donc il serait bien que ton perso ne meure pas. Essaye aussi d'expliquer un peu plus pourquoi tu va servir Hadès;
Mais la voie de la validation est très proche.
Bonne continuation, et félicitation pour la qualité du récit
Cependant, je rejoins Nieb sur les points qu'il a soulevé, notament sur les armures. Pour l'instant les guerriers en n'ont pas. Donc le passage avec le chevalier d'argent et de Caradras est à modifier.
Et je rajouterais aussi le fait que les spectres ne sont pas des morts revenus à la vie. Donc il serait bien que ton perso ne meure pas. Essaye aussi d'expliquer un peu plus pourquoi tu va servir Hadès;
Mais la voie de la validation est très proche.
Bonne continuation, et félicitation pour la qualité du récit

En fait, Demetrius ne meurt pas, au contraire du Spectre qu'il rencontre. La dernière phrase signifie simplement que l'ancien Demetrius a laissé la place au futur spectre.
Je me suis un laché sur les superlatifs ^^ mais je pensais qu'en l'absence de pouvoirs magiques, ça pouvait être acceptable. Enfin pour ce qui est des faveurs divines, je pensais plus ces anecdotes comme de simples superstitions, un peu grosses quand même...
J'ai lu que les humains destinés à devenir Spectres n'étaient en fait que des hôtes destinés à accueillir les 108 esprits une fois libérés. Peut-on considérer que nous allons devenir ces futurs esprit, et donc que cette "révélation" n'est pas encore possible ?
Je me suis un laché sur les superlatifs ^^ mais je pensais qu'en l'absence de pouvoirs magiques, ça pouvait être acceptable. Enfin pour ce qui est des faveurs divines, je pensais plus ces anecdotes comme de simples superstitions, un peu grosses quand même...
J'ai lu que les humains destinés à devenir Spectres n'étaient en fait que des hôtes destinés à accueillir les 108 esprits une fois libérés. Peut-on considérer que nous allons devenir ces futurs esprit, et donc que cette "révélation" n'est pas encore possible ?

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Mandos
- Guerrier Légendaire
- Messages : 1849
- Inscription : dim. oct. 31, 2004 12:19 pm
- Localisation : Proche du Styx
Autant pour moi pour le coup de la mort
. mais je pense quand même que les raisons du choix d'Hadès doivent être plus décrites.
Ensuite pour les esprits, tu as le choix, on evite au plus de brider l'imagination. Libre à toi de suivre cette idée d'hôte pour esprit ou de dire que tu es un humain libre qui choisit de s'enroler dans l'armée d'Hadès et de devenir spectre, en restant en pleine possession de ses moyens
Ensuite pour les esprits, tu as le choix, on evite au plus de brider l'imagination. Libre à toi de suivre cette idée d'hôte pour esprit ou de dire que tu es un humain libre qui choisit de s'enroler dans l'armée d'Hadès et de devenir spectre, en restant en pleine possession de ses moyens

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Niebelungen
- Guerrier Mythique
- Messages : 3070
- Inscription : ven. juin 11, 2004 12:33 am
- Localisation : Toujours près des miens
Pour le coup de l'hôte le seul hic, c'est que dans cette histoire le perso est destiné à être un spectre précis, hors toi pour le moment tu ne sais pas encore qu'elle surplis tu reveteras.
Mais tu peux y faire mention sans entrer dans ces détails si tu veux.
Mais tu peux y faire mention sans entrer dans ces détails si tu veux.

La vie est une lutte, alors je lutterai à vie...
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Mandos
- Guerrier Légendaire
- Messages : 1849
- Inscription : dim. oct. 31, 2004 12:19 pm
- Localisation : Proche du Styx
tu as pas mal remanier ton histoire, ou alors ma mémoire est défaillante (ce qui est probable aussi).
Toujours aussi agréable à lire. Pour moi tu peux être validé. Nieb?
J'aime juste pas trop l'histoire de l'esprit, mais c'est plus un goût perso.
Inscris toi sur notre forum privé :
http://gw-hades.forumactif.com/index.htm
Dès que tu seras validé, on activera ton compte pour que tu puisses y avoir accès et connaitres tes compagnons spectres
Toujours aussi agréable à lire. Pour moi tu peux être validé. Nieb?
J'aime juste pas trop l'histoire de l'esprit, mais c'est plus un goût perso.
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Dès que tu seras validé, on activera ton compte pour que tu puisses y avoir accès et connaitres tes compagnons spectres
