Jardin des Erinyes : Autel de la vengeance

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Waltraute
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Re: Jardin des Erinyes : Autel de la vengeance

Message par Waltraute »

Je n'étais encore jamais venue jusqu'ici. Cet endroit avait toujours été un peu effrayant pour moi, plein de mystère, rempli d'une force inexplicable. Et pourtant, en passant la porte du jardin, le lieu paraissait calme. L'ambiance était lourde mais le fleuve en bordure était apaisant, le clapotis de l'eau jurait un peu avec l'aspect solennel du lieu. M'arrêtant un instant sur le seuil, je soupire doucement et reprenant mon courage à 2 mains, je m'avance vers l'autel. Cela ne faisait que quelques jours que j'étais revenue au Nekyo, et voilà que je repartais déjà. Pourtant j'étais déterminée. Déterminée à remercier le sombre monarque d'avoir permis de retrouver mon fils et déterminée de porter allégeance aux divinités vengeresses. Il y avait cette part en moi qui criait vengeance alors je voulais mettre tous mes chances de mon côté.

Je m'étais renseignée, je connaissais le rituel. Je m'avançais doucement devant l'autel de marbre noir et contemplait, interdite les statues des déesses qui me dominaient de leur hauteur. Elles étaient un peu effrayantes et transpiraient la puissance. D'un petit inclinement de la tête je leur rendais hommage. Il était encore temps de faire demi-tour... Mais hors de question. Il fallait que je fasse mes preuves à présent. Je sors de ma sacoche les éléments nécessaires : du vin, de la viande et un couteau. Puis un petit sac de cendre que je dépose par terre, aux pieds de l'autel.


« A vous, triade divine de la vengeance, je prête allégeance. Aidez-moi à avoir la force de vaincre les infidèles et les impies. Donnez moi le courage de défier le traître ou la traitresse qui a fait affront au maître des enfers, à mon maître. Faites qu’ils croisent ma route et succombent sous mes coups. Faites que mon sang et celui de mes ennemis lui rendent hommage et le remercient de sa miséricorde. Ô bienveillantes Érinyes, acceptez ces offrandes d'une humble mortelle. »

Prenant le vin apporté, je le verse sur l'autel solennellement. "A toi Alecto." Puis je dépose une jarre sur l'autel, glissant une belle pièce de viande à l'intérieur. "A toi Tisiphone" Enfin, d'un geste vif, je me coupe la main d'un couteau, versant mon sang sur la jarre et sur le vin versé. "Et à toi Mégère." Mettant une fine bande de tissu pour refermer la plaie, je baisse la tête un instant, fermant mes yeux. "Je vous fais l'offrande de la chair et du sang de mes ennemis. Par le don de mon sang, je scelle ainsi ma promesse de châtier les traîtres. Ô déesses vengeresses, puissiez vous avoir la clémence de me désigner ma cible. Aidez-moi à apaiser votre soif de vengeance et à rendre hommage à Hadès."

J'attends quelques minutes, adressant prières et imprécations comme une litanie dans ma tête, murmurant parfois mes requêtes. Puis, satisfaite, je finis par rouvrir les yeux. C'est alors que je la vis, cette petite tablette brillante. Ou était ce mon imagination ? Tremblant légèrement d'anticipation, je finis néanmoins par m'en saisir, lisant le nom sur la tablette. "Θεάνα" Le nom apparaît, clair et limpide. Je ne savais pas qui c'était et pourtant, j'avais l'impression de la connaître. Je sentais naître au fond de moi comme une douce fureur qui faisait écho à mon coeur et à mon âme. En boucle, je répétais son nom dans ma tête, savourant les syllabes. Oui... Il était temps de se mettre en chasse maintenant.

C'est alors que je souris, contente d'avoir été entendue par les Trois Femmes. Un observateur extérieur aurait pu me prendre pour une folle avec ce sourire diabolique. Me penchant en avant, je me saisis alors du sac de cendres et de 2 doigts, les trempe dans le mélange de sang et de vin puis dans les cendres. D'un geste précis, je trace alors sous mes yeux des marques incarnant toute la vengeance divine. J'étais prête maintenant. Il était temps de rendre hommage aux divinités. Immédiatement, je sus où aller. Tendre une embuscade à Tenare... Oui... Le plan était bon. Je me mets à rigoler puis je me détourne enfin de l'autel, m'éloignant à grands pas, animée d'une toute nouvelle énergie et d'une nouvelle fureur.


"Prends garde à toi... Traitresse Théana."

:arrow: Cap Tenare, entrée des enfers / Guerrières et châtiment
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Waltraute
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Re: Jardin des Erinyes : Autel de la vengeance

Message par Waltraute »

:arrow: Cap Tenare, Guerrières et châtiment

La fureur animait de nouveau mon âme. Comme une vague puissante qui roulerait sur la plage, inlassablement, sans obstacle, sans s'arrêter. Le rythme de mes pas battait furieusement sur le tempo de ma colère. Rien ne semblait plus arrêter cette rage qui s'était à nouveau emparer de mon être. Je passais tel un vrai courant d'air, slalomant entre les gardes et habitants du Nekyomantéion, serrant mes poings et me retenant de les réduire tous en charpie. Mais pourquoi la fureur me tenait encore de toutes ses passions ? Même si je connaissais la théorie du pacte que j'avais scellé, son effet sur moi était quelque peu effrayant. Peut-être avais-je remis le couvert trop vite ? Peut-être avais-je voulu reprendre les activités d'une spectresse trop rapidement ? Peut-être n'étais-je pas encore prête ? Incapable de maîtriser mes propres émotions démesurées...

Je n'arrivais plus à penser correctement, jouant machinalement avec le collier de fer qui enserrait mon cou. Epuisée, j'avais parcouru le chemin d'une traite depuis le Cap Tenare, n'osant pas me reposer une seule seconde. Je n'avais qu'un seul objectif, qu'une seule idée : me débarrasser de cette sensation de colère permanente. Je ne voulais pas prendre le temps de relâcher ma vigilance, je ne voulais pas prendre le risque de blesser quelqu'un sans le vouloir. Mon combat avait été suffisant, aurait dû être suffisant pour assouvir la soif des Trois Soeurs. Mais il fallait que je boive à présent le sang de mon ennemie. Est-ce qu'elle l'avait vraiment été, mon ennemie...? Je secouai la tête, ne voulant pas y penser, grimaçant même légèrement à l'idée de devoir faire le rituel. L'idée était un peu répugnante.


*Je sais que tu ne le vois pas de la même façon mais... Tu peux être fière de toi. *

*Fière... de moi ?*

Nerveuse tout à coup, mon pas s'accéléra. Ma prise se referma un peu plus sur les lanières de l'armure que je portais dans ma main. Mon autre main libre jouait encore distraitement sur le collier, provoquant un tintement plus rapproché encore. Fière... De quoi ? Je fronçai les sourcils mais continuai mon chemin, perdue dans mes pensées et imperturbable. Je m'étais vite faite aux changements du sanctuaire et mes pas me menèrent directement dans le jardin des Erinyes dans lequel je poussai alors un petit soupir de contentement. Je pris le temps de déposer l'armure de la Sauterelle et de retirer ma propre armure, la Goule, dont je sentais encore la présence à mes côtés, m'adressant ses encouragements et pensées.

*Tu as ramené son armure au Sombre Monarque, ce n'est pas rien...*

*Oui... J'imagine que tu as raison...*

Malgré la quiétude du lieu, je ne pouvais pas rester inactive. Une fois l'armure prestement remise dans sa boîte, je me tournai aussitôt vers le bassin dont s'écoulait tranquillement l'eau du Léthé. J'avisai le calice près de l'autel mais me surpris à glisser mes mains dans le bassin, m'aspergeant ensuite le visage avec l'eau du fleuve. Je voulais me débarrasser de ces traces qui maculaient mon visage. Fermant les yeux, je savourai l'eau fraîche qui glissa sur ma peau, poussant un petit soupir de contentement. Mais ce n'était pas suffisant pour éteindre ce feu brûlant qui sévissait à l'intérieur de ma tête. Après une main qui m'aspergea la nuque, je pris le calice en main et le plongeai sans hésitation dans le petite bassin.

Image

Je me levai aussitôt pour faire face au petit autel de marbre noir. Doucement, je posai le calice sur l'autel, contemplant un moment mon reflet dans l'eau du Léthé qui tremblotait doucement. C'est un regard dur et fatigué qui me regardait dans les yeux. Et là, était-ce une pointe de regret ? Je secouai la tête puis glissait une main dans une poche sous ma robe, sortant une petite tablette de marbre noir maculée de sang. Le sang de Théana. Je la fixai quelques secondes puis, sans dire un mot, la laissai tomber dans le calice. D'un regard absent, je regardai ensuite la tablette se désagréger doucement puis disparaître sans un bruit, comme absorbée par les eaux de l'oubli. C'est alors que je fermai les yeux, joignant mes mains en une prière silencieuse.

*Sombre Monarque, Sombres Soeurs, je me présente à nouveau devant vous, à votre humble service. J'ai accompli cette mission en votre nom et ait apporté la vengeance que l'ange Théana méritait. J'implore votre miséricorde, puissiez-vous me pardonner pour ma faiblesse...*

Puis, bloquant ma respiration, les yeux toujours fermés, je me saisis du calice et le portai à mes lèvres. Une brève gorgée, une deuxième pour faire bonne figure, puis je reposai le calice, grimaçant en sentant cette touche ferreuse si familière qui se glissait sur ma langue. Toujours sans perdre de temps, mon pouce, enduit de l'eau du calice, glissa sur l'autel, à l'endroit où le nom de Théana était gravé. Et c'était avec un soulagement non-feint ni dissimulé que je vis son nom disparaître doucement, emportant avec lui cette fureur qui s'estompa de mon âme , la dispersant au vent qui agitait doucement les feuilles du cyprès qui me faisait face.

D'un petit coup d'oeil, j'avisai à nouveau mon visage dans l'eau du calice, l'observant attentivement, soudainement déçue et dégoutée de la vision que j'y voyais. D'un geste brusque je balayai le calice de l'autel renversant son contenu sur l'herbe du jardin. Je m'appuyai alors sur l'autel sur mes deux mains, bras tendus. Je restais quelques minutes pour réfléchir doucement à ce qui s'était passé, à présent que j'avais de nouveau les idées claires. Mon regard se perdit dans la contemplation de l'effigie des Trois Soeurs. Puis je finis par sortir de ma torpeur et m'inclinai devant l'autel.


- Je vous remercie pour votre miséricorde, Ô Hadès. je travaillerai sans relâche pour mieux vous servir à l'avenir.

Oui, il fallait de toute évidence que je me ressaisisse. Ces années de convalescence m'avaient rendue faible. Je serrai la mâchoire, tentant de me rendre plus courageuse, plus forte. Mais je ne pouvais m'empêcher de ressentir cette pointe de regrets qui était là, comme une flèche lumineuse dépassant de mon coeur. Non, je ne regrettais pas de l'avoir épargnée. Je regrettais que nos chemins se soient croisés dans ces circonstances. Les dieux pouvaient se montrer bien cruels. Je secouai la tête doucement, chassant cette pensée importune de ma tête. Il était temps de rentrer. Remettre l'armure de la Sauterelle sous la protection du Sanctuaire mais surtout, voir comment Sköllorion s'adaptait à sa nouvelle vie... Oui après tout cela, j'avais surtout une grande envie de serrer mon fils dans mes bras...
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